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[3 questions à...] Philippe Kaltenbach, l'homme qui ne veut plus de machines à voter

Le sénateur PS des Hauts-de-Seine espère interdire les urnes électroniques utilisées dans 60 villes. Il déposera sa proposition de loi mardi devant le groupe socialiste.
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Philippe Kaltenbach est l'auteur d'une proposition de loi visant à interdire les machines à voter en France. Après de nombreuses remontées de terrain sur fond de soupçons et de contestations, le sénateur des Hauts-de-Seine a consulté des spécialistes de la question avant de déposer sa proposition de loi. Aujourd'hui, 60 communes utilisent ces urnes électroniques mises à la disposition d' 1,5 million d'électeurs. Selon le sénateur, la fiabilité du scrutin n'est pas assurée et cela "rompt le lien entre l'électeur et l'acte de voter".

LCP.fr Pourquoi vous opposez-vous aux urnes électroniques ?

Philippe Kaltenbach La première raison, c'est la sécurité : cela crée toujours des histoires dans les bureaux de vote. Les personnes âgées de n'y retrouvent pas, demandent pour qui elles doivent voter. C'est un problème pour le secret du vote. Pour les scrutins de listes, on ne peut même pas voir l'intégralité de la liste tant les cases sont petites. Les spécialistes disent qu'on ne peut pas garantir l'absence de fraude. Il y a aussi des bugs : en Belgique, un candidat s'est retrouvé avec 4000 voix de trop ! Enfin, les machines à voter cassent le rituel démocratique du vote : plus d'enveloppe, plus de dépouillement. On ne peut même plus faire participer les citoyens au dépouillement.

LCP.fr Les machines à voter comptent pourtant des défenseurs...

Philippe Kaltenbach Oui, certains maires en sont très fiers, comme André Santini à Issy-les-Moulineaux. Mais ceux qui penchent pour ces machines appartiennent surtout aux lobbies des fabricants. Le marché est énorme : à 3000 euros la machine cela peut aller vite. Ils expliquent que c'est plus moderne, que c'est écologique, mais le bilan carbone est aussi important avec la construction de ces machines ! Quant à ceux qui disent qu'elles plaisent aux jeunes et que cela augmenterait la participation, c'est totalement faux.

LCP.fr Croyez-vous à l'adoption de votre proposition de loi alors que la droite a la majorité au Sénat ?

Philippe Kaltenbach Ce n'est pas un débat politicien. Il s'agit de notre démocratie. C'est même un débat technique sur le bon fonctionnement de notre démocratie. Le maire de Brest est de gauche, il a installé des machines à voter dans sa ville. A Chaville (Hauts-de-Seine), le maire de droite les a enlevées. Elles avaient été installées par un radical de gauche ! J'ai conscience que je n'aurais pas tout le groupe UMP derrière moi, mais je pense pouvoir trouver une majorité.

Propos recueillis par Astrid de Villaines