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Fiscalité : ce que proposent les candidats

ISF, impôt sur le révenu, quotien familial et impôts indirects. Le chapitre "fiscalité" des programmes des candidats à la loupe !
3 min

La fiscalité, levier essentiel du politique, s'est, comme souvent, invitée dans la campagne présidentielle. En ligne de mire pour la plupart des candidats : réduire les déficits et revenir à l'équilibre. François Hollande le premier a surpris en annonçant une taxe "symbolique" à 75% pour les très hauts revenus. La réplique à droite n'a pas tardé. Nicolas Sarkozy a annoncé, sur le même plateau de télévision quelques semaines plus tard, une mesure pour rattraper les exilés fiscaux.

Repères

Dans les programmes des candidats, l'impôt sur le revenu est le premier qu'ils souhaitent modifier. Tous, sauf le président sortant qui a un bilan fiscal à défendre, proposent une ou plusieurs tranches d'impôt supplémentaires sur le revenu. (Il comprend aujourd'hui cinq tranches).

Le quotient familial a beaucoup fait parlé de lui quand François Hollande a annoncé qu'il le "remodèlerait". Les candidats de gauche sont tous favorables à sa modification voire sa suppression pour Éva Joly et Philippe Poutou.

Enfin, la fiscalité des entreprises et notamment des plus grands groupes est aussi au cœur du débat. François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan se prononcent pour une suppression de la niche Copé qui exonère d'impôts les plus-values des entreprises revendant une filiale. Rares sont les candidats qui osent détailler leurs moyens d'actions sur les niches fiscales. Éva Joly pourrait s'attaquer aux niches qui ne sont pas écologiques.

Tour d'horizon des programmes

Éva Joly
propose deux nouvelles tranches d'impôt supplémentaires et une imposition à 80 % pour les revenus qui dépassent 30 fois le SMIC. Elle souhaite la fusion de l'impôt sur le revenu avec la CSG et s'est prononcée pour une suppression du quotient familial. Elle défend une fiscalité "verte" et entend récupérer "toutes les fiscalités qui ne sont pas écologiques".

Marine Le Pen
Mise à part "porter à 46% la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu", Marine Le Pen ne révolutionne pas le système fiscal. Elle souhaite une contribution de 3% sur les importations et, plus insolite un taux de TVA majoré pour les produits de luxe, incluant "berlines, joaillerie et cosmétique de luxe".

Nicolas Sarkozy
Après la suppression du bouclier fiscal, son gouvernement a augmenté le taux réduit de TVA de 5,5% à 7%. Il a mis en place à la fin de son quinquennat la TVA sociale qui porte le taux normal de TVA de 19,6% à 21,2% contre une exonération des charges sociales.
Nicolas Sarkozy, par le gouvernement Fillon, a ajouté 3% d'impôts aux revenus supérieurs à 500 000 euros par an. Son programme n'est pas encore chiffré mais il a d'ores et déjà annoncé une division par deux des droits de mutations ainsi qu'une taxe contre les exilés fiscaux.

Jean-Luc Mélenchon
milite pour la création de 9 tranches supplémentaires soit 14 tranches comme en 1981. Il est prêt à "taxer les riches à 100% à partir de 360 000 euros". Il s'est prononcé, avant Nicolas Sarkozy, pour une taxation des exilés fiscaux.

Philippe Poutou
Côté entreprises, il veut taxer leurs bénéfices à 50%. Il veut supprimer toutes les niches qui ne sont pas "sociales" et augmenter l'ISF. Il supprimera le quotient familial.

Nathalie Arthaud
Nathalie Arthaud est pour une fiscalité qui aille jusqu'à 100% des revenus sans préciser pour quel niveau de revenu. Elle prône la suppression de la TVA com­pen­sée par une impo­si­tion plus forte sur les reve­nus du capi­tal.

Jacques Cheminade
A partir de 180 000 euros annuels "pour un couple avec deux enfants", il compte porter la tranche de l'impôt sur le revenu à 50 % jusqu’à atteindre 75 % au dessus de 1 200 000 € de revenus par an.

François Bayrou
Il prévoit 50 milliards de hausses d'impôts. Pour ce faire, il propose un relèvement de la tranche marginale supérieure de l'impôt sur le revenu à 45% et la création d'une nouvelle tranche marginale à 50%. Certaines niches fiscales seront supprimées ou rabotées, la niche Copé notamment.

Nicolas Dupont-Aignan
Le candidat souverainiste prône la création d'une nouvelle tranche à 50% pour les revenus supérieurs à 300 000 euros par an. Il est pour une diminution de moitié de l’impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis sur le sol français (pour les entreprises de moins de 250 salariés) et pour une "réduction drastique des niches fiscales". Le candidat souverainiste s'est aussi prononcé pour une taxe contre l'évasion fiscale.

François Hollande
Le candidat socialiste a annoncé la création de deux tranches supplémentaires, l'une à 45% pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part et l'autre à 75% pour les revenus supérieurs à 1 million d'euros par an. Il a ensuite précisé cette mesure en évoquant un "plafonnement" à hauteur de 85% des revenus.

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