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Centrales nucléaires

Intrusions dans des centrales nucléaires : une députée LREM défend la "possibilité" de "tirer"

Ancienne salariée de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher), la députée Perrine Goulet évoque jeudi la possibilité "de ne pas se poser de questions" quand un individu pénètre dans l'enceinte d'un site nucléaire... même si celui-ci prétend être un militant de Greenpeace.
3 min
LCPLCP

Jeudi, les membres de la commission d'enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ont auditionné le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb.

Les députés ont évoqué les actions des militants de Greenpeace, qui ont à plusieurs reprises pénétré dans l'enceinte de centrales nucléaires.

"Le bon petit terroriste"

Une problématique qu'a tenté de relativiser Gérard Collomb :

Les ONG, Greenpeace en particulier, prennent la précaution d'afficher de très loin, (sur des banderoles, leur nom,) ce qui évidemment ne suscite pas le même type de réaction que si quelqu'un d'inconnu venait pénétrer...Gérard Collomb

"Certes, mais à ce moment-là, le bon petit terroriste va prendre une banderole Greenpeace...", a objecté la rapporteure de la commission d'enquête, Barbara Pompili (LREM).

"Ne plus distinguer"

Un échange qui n'a pas du tout convaincu l'élue La République en Marche de la Nièvre, Perrine Goulet. Ancienne chef de projet à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) selon le Journal du centre, membre du conseil d’administration de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la députée a avancé une proposition choc.

Évoquant la nécessité d'installer des miradors, "un peu comme aux Etats-Unis", l'élue a défendu la "possibilité" de "ne pas se poser de questions et, quand il y a une intrusion, de tirer". Perrine Goulet a rappelé que "c'est un délit de rentrer sur une centrale nucléaire" :

Je pense à un moment qu'il va falloir ne plus distinguer.Perrine Goulet

Sécurité des convois de combustible

Gérard Collomb a par ailleurs évoqué la sécurité des convois transportant du combustible nucléaire. Interpellé sur la prévisibilité des itinéraires empruntés, le ministre a tenté de rassurer, affirmant que les "convois sont conçus, pour les produits les plus sensibles, pour être totalement protégés". Avant toutefois de préciser :

Je ne peux pas vous dire qu'il y a un risque zéro.Gérard Collomb

"Point de faiblesse" sur les enquêtes administratives préalables

Gérard Collomb a également reconnu une des limites de la procédure d'enquête administrative préalable sur les personnes travaillant sur des sites nucléaires. Le commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire (Cossen), créé en juillet 2017, centralise les demandes d'EDF, du CEA ou encore d'Orano (ex-Areva). "[Ce commandement] est en capacité de consulter neuf fichiers", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

En huit mois, 125.000 enquêtes ont déjà été traitées, pour 753 avis défavorables (...) Le plus souvent pour des comportements liés à la consommation régulière de produits stupéfiants (...) 15 avis défavorables sont liés à des phénomènes de radicalisation.Gérard Collomb

Mais ces enquêtes ne sont pas toujours réalisées convenablement dès lors que la personne est étrangère : le Cossen ne dispose pas du droit d'accès aux fichiers de certains États car "le droit européen ne le permet pas"...

"Sur un certain nombre de personnes qui pourraient venir travailler de l'extérieur, aujourd'hui, ils ne sont pas connus de la DGSI et cela peut représenter un point de faiblesse", a reconnu Gérard Collomb.

Bure : "Le débat n'est pas clos"

Autre sujet sensible : le futur centre d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure. Il y a tout juste un mois, les forces de l'ordre ont évacué une trentaine d'opposants qui occupaient le bois Lejuc, situé à l'endroit qui devrait accueillir 85.000 mètres cubes de déchets nucléaires à haute activité et à vie longue.

"Nous sommes pour ne pas laisser s'installer un certain nombre de gens, mais nous sommes encore ouverts au débat", a précisé Gérard Collomb. "Les décisions peuvent changer", analyse le ministre de l'Intérieur, notamment si l'état de la recherche scientifique évolue d'ici à 2030.


>> Bonus : quand Gérard Collomb n'arrive pas à lire une fiche transmise durant la commission...