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Budget

L'Assemblée vote les crédits revalorisant la prime d'activité

Les députés ont voté, dans la nuit de mardi à mercredi, la hausse de la prime d'activité, dont le montant maximum sera bonifié de 90 euros pour les salariés payés au Smic. Cette hausse, ajoutée avec la revalorisation automatique du salaire minimum le 1er janvier d'environ 20 euros, fait dire à Gérald Darmanin que la promesse présidentielle est tenue. Mais l'opposition doute des calculs du gouvernement.
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AFPAFP

Promesse tenue ? L'Assemblée nationale a voté dans la nuit de mardi à mercredi les crédits pour financer la revalorisation de la prime d'activité promise par le président de la République. La nouvelle lecture du projet de budget 2019 a été l'occasion pour les députés de valider un amendement du gouvernement qui ouvre 2 milliards d'euros de crédits, qui s'ajoutent à ceux déjà votés en première lecture par le Sénat (600 millions d'euros).

En choisissant d'augmenter "le montant maximum de la prime d'activité de 90 euros", cumulé avec la hausse automatique du Smic au 1er janvier, l'exécutif assure mettre en oeuvre les "100 euros" promis par Emmanuel Macron le 10 décembre pour les salaires modestes, en réponse à la crise des Gilets jaunes.

Devant les députés, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a assuré que la promesse du chef de l'Etat serait "tenue et même plus". "C'est pour 5 millions de personnes une possibilité de voir des augmentations parfois de plus de 100 euros par mois de pouvoir d'achat", a-t-il affirmé, défendant "une grande avancée sociale".

Les doutes de l'opposition

Mais toutes les oppositions ont réclamé des précisions sur la mesure, et se sont interrogées sur son financement. En effet, la prime d'activité s'applique de manière croissante jusqu'à un smic, puis décroît jusque 1,2 smic (le plafond doit être relevé à 1,5 smic l'année prochaine). Son montant est également modulé en fonction des revenus du foyer.

Dès lors, Véronique Louwagie (LR) a déploré que tous les salariés au Smic ne seront finalement pas concernés lorsque les personnes se trouvent "dans un foyer plus aisé", jugeant cela "injuste" alors que ce sont, selon elle, surtout des femmes qui sont concernées. "La vérité c'est que vous allez augmenter de 100 euros environ un travailleur sur deux au Smic", a abondé Eric Woerth (LR), dénonçant "une parole qui n'est pas respectée".

La gauche a aussi fait part d'interrogations sur la "sincérité" du gouvernement, Eric Coquerel (LFI) s'inquiétant que certains foyers "n'aient pas les 100 euros". Pour le député insoumis, les crédits votés ne seraient d'ailleurs pas suffisants pour augmenter le revenu mensuel de 100 euros des 5 millions de bénéficiaires annoncés. Christine Pirès-Beaune (PS) a estimé qu'avec "2,5 milliards par an", il manquerait "720 millions d'euros" pour financer la hausse annoncée.

Fabien Roussel (PCF) a dénoncé "une véritable escroquerie" avec cette allocation qui "n'est pas du salaire" et que les Français vont devoir "aller chercher" et "financer eux-mêmes". Le projet de loi sur les "mesures d'urgence économique et sociale", qui sera présenté mercredi en Conseil des ministres, doit contenir un article pour rendre possible l'automaticité de cette prestation sociale.

La hausse de la prime d'activité qui devait à l'origine être étalée sur le quinquennat, combinée aux autres annonces du président de la République, a aussi pour autre conséquence le creusement du déficit de l'État, bien au-delà du projet de budget initial.