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Olivier Faure ouvre le chantier de la "renaissance" du Parti socialiste

Le nouveau premier secrétaire du PS a livré un discours fleuve dimanche, à Aubervilliers, dans lequel il réaffirme sa croyance en un "destin collectif" des socialistes. Le chef de 49 ans a promis un renouvellement des têtes dans les instances du parti.
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® Thomas Samson / AFP® Thomas Samson / AFP

Le PS est-il en voie d'extinction ? Pendant une heure et demie, Olivier Faure a tenté de démontrer le contraire, même si lui aussi "a douté", confesse-t-il à la tribune. Dans son nouveau costume de premier secrétaire, il a décliné son programme de "renaissance" pour les prochains mois, entre rassemblement et renouvellement.

En clôturant dimanche le congrès à Aubervilliers, le député a voulu y voir un signe : 47 ans après François Mitterrand à Épinay (situé également en Seine-Saint-Denis), c'est l'occasion selon lui d'ouvrir "un nouveau cycle après tant d'échecs et défaites".

Renouvellement des têtes

Un cycle qui commencera par le choix de nouveaux talents au sommet du parti, avec une équipe resserrée d'"une vingtaine de cadres pour mener rapidement et efficacement la renaissance". "Il y aura beaucoup de têtes nouvelles", promet-il.

Le but de la manœuvre : "Nous changer nous-mêmes avant de changer les autres", estime-t-il, avant de fustiger les divisions entre chapelles qui ont fait l'histoire du PS ("rocardiens", "ségolénistes", "fabiusiens"...) mais qui sont aujourd'hui "notre boulet".

Olivier Faure n'a pas non plus été tendre avec Manuel Valls et Benoît Hamon, les deux finalistes de la primaire qui ont quitté le parti, l'un "en pleine campagne présidentielle", l'autre pour "ne pas avoir à rendre de comptes".

Des chantiers tous azimuts

Parmi les dossiers chauds du nouvel homme fort du parti, trouver un nouveau siège après la vente du QG historique de Solférino. "Le fonctionnel primera sur l'ostentatoire. Ce ne sera pas un lieu prestigieux au cœur de Paris", décrit Olivier Faure, qui veut dégager des moyens pour "former les militants" et numériser les pratiques, comme la "visioconférence" avec les fédérations.

Sur le fond, il a fait de l'Europe sa priorité, avec les élections de 2019 en ligne de mire. Sans barguigner sur son engagement pro-européen : "Oui, nous sommes des euro-socialistes. (...) Il n'y a pas de souveraineté nationale sans souveraineté européenne."

L'homme a aussi égrené de nombreux thèmes (laïcité, transition énergétique, défense des services publics, intelligence artificielle...), comme une première trame de programme. Le plan du développement du parti et de ses idées sera dévoilé "avant l'été", et devrait occuper les militants "pour les trois ans à venir".

Un positionnement à (re)définir

Sans nier les difficultés électorales de sa famille politique dans les derniers scrutins majeurs, Olivier Faure estime que "les Français nous ont sanctionnés, mais pas remplacés". Selon lui, seule le PS, "force centrale de la gauche", peut permettre d'espérer l'alternance.

Il se pose en opposant modéré à Emmanuel Macron, "ce ministre issu de nos rangs qui mène désormais une politique et de droite et de droite". Mais "ce n'est pas parce que le pouvoir dit blanc que nous allons dire noir", nuance-t-il.

Une façon de se différencier de Jean-Luc Mélenchon, dont il critique l'opposition bruyante :

La surenchère verbale a un mérite : elle ne coûte rien, mais elle a un défaut majeur : elle ne rapporte rien.Olivier Faure

Mais l'urgence de l'actualité, entre la grève à la SNCF et l'amplification des mouvements sociaux, devrait rapidement l'obliger à prendre position et à préciser davantage son discours. Il pourra alors compter sur les "trente-un rescapés" de l'Assemblée nationale, comme il le dit lui-même, pour le relayer.