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PLFSS 2019

Payer l'hôpital pour réorienter les patients, une solution pour décongestionner les urgences ?

Le député Olivier Véran (LREM) va déposer un amendement créant une incitation financière afin que les services d'urgences réorientent vers la médecine de ville les patients les moins malades.
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AFPAFP

Comment mettre un terme à la congestion des urgences ? Le député Olivier Véran (LREM), neurologue de profession, a son idée : il va déposer un amendement qui vise à réorienter, chaque année, "six millions de malades" dont la prise en charge ne devrait pas relever des urgences.

"Incités à réorienter"

Le problème est de taille : alors que l'on dénombrait sept millions de passages aux urgences en 1990, les chiffres ont depuis explosé, passant aujourd'hui à 23 millions ! Et "un quart (de ces passages) ne relèvent pas des urgences", relève Olivier Véran, qui est le rapporteur général du projet de loi de financement de la sécurité sociale 2019 (PLFSS).

L'absence de reste à charge pour les patients et la difficulté à trouver un médecin en ville expliquent en partie cette explosion. Autre raison : "Les urgences sont financées à l'activité, note le député LREM, et les hôpitaux ne sont pas incités à réorienter" les patients.

Tout patient qui passe la porte des urgences rapporte un forfait fixe à l'hôpital.Olivier Véran

"On paie quasiment l'hôpital"

Olivier Véran propose donc de créer "un forfait de réorientation" pour les "petites urgences" comme les otites par exemple. En clair, le service d'urgence recevrait une somme - de 20 à 60 euros - s'il trouve un médecin de ville capable de recevoir le patient le jour même ou le lendemain.

On paie quasiment l’hôpital pour qu’il ne soigne pas lui-même le malade mais pour qu'il coordonne le parcours de soin du malade.Oliver Véran

Cette mesure pourrait s'accompagner d'une suppression du reste à charge pour les patients "réorientés".

Interrogée en commission des Affaires sociales sur cette question, la ministre de la Santé Agnès Buzyn s'était dite favorable à l'initiative d'Olivier Véran :

Un coût "neutre" ?

Autre mesure incitative : si le service d'urgence choisit quand même de soigner le patient, alors cela ne sera plus considéré comme une "hospitalisation d'urgence" mais plutôt comme une "consultation technique".

Cette opération doit permettre de financer le "forfait de réorientation", dont le coût devrait être "neutre", selon Olivier Véran.

L'examen en commission des affaires sociales du projet de loi de financement de la sécurité sociale débutera mardi après-midi.