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Procédure d'infraction contre le barrage de Sivens : "la France a trainé des pieds"

Catherine Grèze, ancienne députée européenne (EELV), avait alerté Bruxelles depuis 2011. Interview.
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La Commission européenne a engagé une procédure d'infraction contre le projet de barrage à Sivens (Tarn), mercredi 26 novembre.
Interrogée par LCP, l'ancienne députée européenne Catherine Grèze (EELV), à l'origine de multiples recours depuis 2011, espère que cela mettra un terme au projet et pointe les responsabilités de la France.

LCP.fr : Comment accueillez-vous cette procédure de sanction de la Commission européenne contre la France ?

Catherine Grèze: Je suis émue parce que c’est le fruit de plusieurs années de travail et de procédures. C’est un signal positif qui montre que la Commission a fait preuve d’indépendance dans cette affaire, malgré la pression politique en France. Sur le papier, je ne voyais pas comment il pouvait en être autrement. Il y a une violation du droit européen sur laquelle j’ai alerté depuis 2011. Notamment au regard de la directive-cadre sur l’eau et des preuves de financement. Suite à mes demandes, la Commission avait ouvert une enquête informelle en octobre 2013, en demandant aux autorités françaises des précisions. Il se trouve que la France a trainé des pieds. Les réponses ne sont arrivées qu’en mars 2014 et elles n’ont pas satisfait la Commission. On aurait pu éviter le drame qui s’est produit si la France avait été plus diligente.

LCP.fr : Qui est responsable selon vous ?

Catherine Grèze: Les conflits d’intérêts autour de la société d’Aménagement des Coteaux de Gascogne. Elle avait dans son conseil d’administration, un certain nombre d’élus. Mais surtout, c’est l’État, qui devait contrôler et faire appliquer les directives européennes, ce qu’il n’a pas fait correctement.

LCP.fr : Que doit-il advenir du projet ?

Catherine Grèze: Je crois clairement qu’il faut dire stop. Ensuite, il faut réhabiliter cette zone humide et dire qu’il y a en France un problème autour de l’acheminement de l’eau. Ce problème doit être traité par tous les acteurs, y compris les usagers.

Propos recueillis par Julien Diaz