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Retraites : Yannick Moreau remet son rapport au Premier ministre

Fonctionnaires, retraités, patrons et salariés du privé : le rapport vise tout le monde. Mais Jean-Marc Ayrault a assuré que les efforts ne "seront pas écrasants".
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C'est un rapport explosif. Yannick Moreau, présidente de la commission pour l'avenir des retraites et ex-présidente du COR (conseil d'orientation des retraites) rend ses conclusions vendredi matin au Premier ministre. Objectif : préparer la prochaine réforme des retraites alors que le déficit des caisses concernées devrait atteindre 20 milliards d'euros en 2020. Commandé par Jean-Marc Ayrault, il doit servir de base de travail avec les syndicats pendant la conférence sociale des 20 et 21 juin prochain.

Voir la déclaration du Premier ministre après la remise du rapport Moreau :

Tous les actifs mis à contribution

Au cœur de ce rapport : la différence de calculs des pensions entre le régime du secteur public et celui du secteur privé. La commission propose de calculer les pensions des fonctionnaires en fonction des trois ou des dix dernières années, et non plus des six derniers mois. Les retraites du privé sont aujourd'hui calculées sur les 25 meilleures années. Une mesure considérée par la CGT comme un "casus belli irrémédiable" si elle était appliquée.

Autre piste envisagée un temps, celle de repousser l'âge légal de départ en retraite à 63 ou 65 ans. François Hollande a finalement écarté cette mesure, jugée trop sensible.

Pour les actifs du secteur privé, une hausse des cotisations patronales est prévue. Pour les salariés, c'est une sous-indexation, c'est à dire cotiser autant pour moins de pension. Enfin, un allongement de la durée de cotisation est la piste la plus probable : elle passerait de 41,5 ans à 43 ou 44 ans d'ici 2020.

Les retraités dans le viseur

Les pensions des retraités sont concernées par ce rapport. D'abord, la CSG réduite dont ils bénéficient (6.6%) pourrait être alignée sur celle des actifs et donc s'élever à 7.5%. Autre aménagement évoqué : une sous-indexation des pensions par rapport au niveau de l'inflation, alors qu'elles sont actuellement indexées sur l'inflation. Enfin, la suppression de l'abattement fiscal de 10% dont bénéficient les retraités pourrait être remis en cause.

En échange de ces mesures, la pénibilité du travail doit être mieux prise en compte dans le calcul des pensions. L'avantage familial sera aussi réformé afin de réduire les écarts de pensions entre les hommes et les femmes.

Confrontations

Les organisations syndicales ont reçu ce rapport la semaine dernière et sont divisées sur les mesures préconisées. La CFDT s'est dit par exemple ouverte sur un rapprochement des secteurs publics et privés si les spécificités des carrières et les rémunérations sont prises en compte. Après la remise du rapport, la CGT a au contraire demandé à ce que la conférence sociale ne se base pas sur ces conclusions.

Jean-Marc Ayrault a assuré que les efforts à réaliser ne "seront pas écransants". De cette concertation sociale qui doit durer tout l'été doit émaner un projet de loi, présenté fin septembre au Parlement. Une réforme qui devrait agiter l'aile gauche du PS ainsi que l'extrême gauche et les syndicats prêts à se mobiliser.

La dernière réforme des retraites a été menée sous Nicolas Sarkozy en 2010. Elle a repoussé l'âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans. De nombreuses manifestations avaient eu lieu partout en France.

En images : le résumé de Rym Ben Ameur :

Le calendrier de la réforme ( source JDD)