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Face à Macron, la CGT veut initier une "convergence des luttes"

"Convergence des luttes!" C'est le slogan que scandent jeudi cheminots, fonctionnaires ou encore salariés de l'énergie, à l'appel de la CGT et de Solidaires, dans une première tentative de construire un front commun contre Emmanuel Macron.

Manifestation contre la politique du gouvernement jeudi 19 avril 2018 à Marseille Manifestation contre la politique du gouvernement jeudi 19 avril 2018 à Marseille

"Convergence des luttes!" C'est le slogan que scandent jeudi cheminots, fonctionnaires ou encore salariés de l'énergie, à l'appel de la CGT et de Solidaires, dans une première tentative de construire un front commun contre Emmanuel Macron.

Quelque 133 mobilisations sont prévues dans toute la France. Des étudiants se sont joints aux manifestants, notamment à Rennes. 

Le gouvernement veut "tout privatiser. il faut les arrêter", a estimé Olivier Mateu, patron de la CGT des Bouches-du-Rhône, en tête d'un cortège marseillais mené par plusieurs centaines de cheminots munis de pétards, feux de Bengale et cornes de brume. Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon était présent. 

La manifestation parisienne quittera Montparnasse à 14H00 pour la place d'Italie. En plus des chiffres "police" et "organisateurs", un collectif de médias, dont l'AFP, publiera son propre comptage des manifestants des deux villes, réalisé par le cabinet Occurrence.

Les grèves s'accompagnaient de perturbations, notamment à la SNCF où un TGV sur trois et deux TER sur cinq sont prévus.

Une trentaine de cheminots ont bloqué le trafic en gare de Lille dans la matinée, en brûlant des pneus sur les voies, ce qui a poussé des passagers à descendre le long des voies pour rejoindre les quais.

Les perturbations s'annoncent plus faibles dans les transports urbains. A Paris, elles concernent essentiellement les RER. A Marseille, seuls les bus devaient être légèrement perturbés.

Dans l'énergie, les militants CGT, qui promettaient des "coupures ciblées", ont, par exemple, arrêté l'électricité en gare de Pau, coupé les radars au Creusot (Saône-et-Loire) ou organisé un barrage filtrant sur un rond-point près de la centrale nucléaire de Bugey (Ain).

La mobilisation affecte aussi certaines crèches et écoles, où l'accueil des enfants ne devait pas toujours être assuré. Dans les maternelles, les agents territoriaux spécialisés (Atsem) entament un mouvement de grève reconductible. 

Les antennes de France Culture et de France Musique étaient perturbées en matinée. Des débrayages sont également prévus à La Poste, chez les fonctionnaires et à France Télévisions.

- "Impact sur la croissance" -

Si cette journée d'actions devrait bénéficier d'un grand soleil, le météo sociale, quant à elle, est orageuse.

Les grèves s'enchaînent dans divers secteurs: les cheminots en sont à leur huitième journée de grève depuis début avril contre la réforme ferroviaire, les fonctionnaires, qui défendent aussi leur statut, organisent une troisième journée de grève le 22 mai, Air France sort d'une neuvième journée de grève sur des revendications salariales.

La grogne monte également dans le secteur de la santé, les hôpitaux et les maisons de retraite médicalisées (Ehpad).

En dehors du monde du travail, des facultés sont occupées ou bloquées par des opposants à la réforme "Parcoursup", accusée d'instaurer une "sélection" à l'entrée à l'université.

La CGT et Solidaires espèrent construire un front unique à partir de ces colères. Une "coagulation" des "mécontentements" à laquelle ne croit pas le président Emmanuel Macron, qui estime que les différents mouvements ont "peu à voir" entre eux.

Philippe Martinez lui a répondu mercredi qu'il y avait un "tronc commun" autour des "questions de pouvoir d'achat" et "d'emploi".

Mais la "convergence des luttes" ne fait pas l'unanimité chez les syndicats. Pour Laurent Berger (CFDT), interrogé par Public Sénat, ce mode d'action "ne fonctionne pas". Son syndicat ne manifestera pas non plus avec la CGT le 1er mai.

En revanche, la CGT ne désespère pas de rallier Force ouvrière. Aujourd'hui réfractaire, le syndicat pourrait changer de ligne après l'élection la semaine prochaine de son nouveau patron, Pascal Pavageau, qui se dit ouvert à une "unité d'action". Ce dernier a cependant confirmé jeudi qu'il n'y aurait pas de défilé unitaire le 1er mai.

Le président du groupe LREM à l'Assemblée Richard Ferrand voit dans cette journée "une volonté de mettre un certain bazar en mobilisant toute une série de professions qui n'ont pas de revendications précises".

C'est "la radicalité du comportement du président" qui a "poussé au rapprochement de tout le monde", estime Jean-Luc Mélenchon. 

"On croit au débat, à la discussion, contrairement au gouvernement qui veut imposer ses choix à marche forcée", a critiqué Philippe Martinez jeudi sur RFI.