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Affaire Benalla : les députés LR et LFI claquent la porte de la commission d'enquête

Affaire Benalla : les députés LR et LFI claquent la porte de la commission d'enquête

A l'issue de l'audition du préfet de police de Paris, jeudi, les députés Les Républicains et de La France Insoumise ont décidé de quitter la commission d'enquête, dénonçant un "échec total" et une "parodie". En cause notamment, le refus par la présidente de la commission des Lois d'auditionner le secrétaire général de l'Elysée ainsi que le porte-parole de la présidence de la République.

Le co-rapporteur Les Républicains Guillaume Larrivé a annoncé jeudi suspendre sa participation à la commission d'enquête sur l'affaire Benalla.

"Je pense qu’instruction a été donnée aux députés du groupe En Marche de bâcler la préparation d’un vrai-faux rapport", a-t-il dénoncé, à l'issue des auditions du DOPC Alain Gibelin et du préfet de police de Paris Michel Delpuech.

Guillaume Larrivé souhaitait auditionner le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler ainsi que le porte-parole de la présidence de la République Bruno Roger-Petit : il avait reçu mercredi une fin de non-recevoir de la part de la présidente LREM de la commission des lois Yaël Braun-Pivet.

LFI suspend sa participation

Cette dernière a balayé jeudi les accusations de son co-rapporteur, se défendant de répondre "aux ordres de l'Elysée" : "Nous ne recevons d’ordres de personne! Nous représentons le peuple."

Les députés Les Républicains ainsi que leurs homologues de La France Insoumise ont annoncé qu'ils suspendaient eux aussi leur participation à la commission d'enquête, qui doit auditionner vendredi à 14 heures le commandant Pierre Leleu, commandant de la 15e unité de CRS de Béthune, qui est intervenue place de la Contrescarpe le 1er mai.

"Aucune" réunion entre le 2 et le 18 mai

Quelques heures plus tôt, les députés de la commission avaient auditionné une seconde fois le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris (DOPC) Alain Gibelin.

Celui-ci devait clarifier les propos qu'il avait tenu lors de sa première audition lundi : interrogé par Marine Le Pen, Alain Gibelin avait affirmé avoir vu Alexandre Benalla lors de réunions avec ses services entre le 4 et le 19 mai, période durant laquelle ce dernier était théoriquement mis à pied.

Le lendemain, il avait fait parvenir à la commission des lois une lettre dans laquelle il revenait sur ses affirmations. Jeudi, devant les députés, Alain Gibelin a affirmé qu'Alexandre Benalla n'avait assisté à "aucune" réunion entre le 2 et le 18 mai.

Article 40

Par ailleurs, le DOPC a assuré avoir remis un "rapport écrit" au préfet de police de Paris lui proposant de saisir la justice au titre de l'article 40 de la procédure pénale.

Il affirme l'avoir fait dès la parution des informations du journal Le Monde qui ont révélé le comportement d'Alexandre Benalla, c'est-à-dire le 19 juillet.

Démenti des propos de Bio-Farina

Alain Gibelin s'est également défendu d'avoir invité Alexandre Benalla à la manifestation du 1er mai. Il a ainsi démenti les propos du commandant militaire de l'Elysée, le général Eric Bio-Farina, qui affirmait qu'il avait discuté "des équipements" à prendre pour une participation en tant qu'observateur à l'opération de maintien de l'ordre du 1er mai.

"Si le général Bio-Farina a la mémoire qui flanche, moi j’ai au contraire une mémoire très précise de ce qui s’est dit ce jour-là et de la nature des questions qui m’ont été posées !"Alain Gibelin, directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris (DOPC)



>> À revoir, la deuxième audition du préfet de police de Paris Michel Delpuech devant la commission d'enquête :

>> À revoir, la deuxième audition d'Alain Gibelin, le directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris (DOPC), devant la commission d'enquête :

Ci-dessous retrouvez les principaux extraits des deux auditions d'Alain Gibelin et de Michel Delpuech :