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La dette de l'État atteindra un nouveau record en 2019

Malgré la volonté du gouvernement de résorber la dette, elle file d'année en année. Elle devrait atteindre 1845 milliards d'euros en 2019, contre 1762 milliards cette année. Les intérêts et les besoins en financement de l'État dérapent également.

La dette est-elle un poids pour l'économie ? Une certitude face à ce débat récurrent : la dette augmente et augmente vite, tout comme le poids des intérêts. L'année 2019 ne fera pas exception.

Mercredi matin, la commission des finances a entériné le budget sur les "engagement financiers" de l'État pour 2019. Bilan ? Selon Bénédicte Peyrol (LaREM), la dette augmentera de 84 milliards d'euros entre 2018 et 2019.

Quant aux intérêts, ils gonfleront encore de presque 1 milliard d'euros : "Les dépenses relatives à la charge de la dette de l'État sont en hausse de 864 millions d'euros. Elles devraient s'établir à 42,1 milliards d'euros en 2019, contre 41,2 milliards d'euros en 2018", expose la rapporteure à ses collègues.

En cause, l'augmentation à venir des taux d'intérêt et la reprise de l'inflation, qui influent directement le montant des emprunts à moyen et long terme de la France. Les choix du gouvernement, notamment "la bascule du CICE en baisses de charges", pèsent aussi dans l'équation.

Le besoin de financement de l'État atteindra d'ailleurs l'année prochaine un niveau inédit depuis 2010, à 227,6 milliards d'euros.

35 milliards de dette ferroviaire

Dans ce contexte, le gouvernement a toutefois redit son objectif de baisser de 5 points le niveau de la dette d'ici à 2022. Rapportée au PIB, il resterait stable en 2019 à 98,6%, si les prévisions de croissance de l'exécutif se confirment.

L'objectif fixé par Bruno Le Maire devra de plus faire face à la reprise progressive, en 2020 et 2021, de la dette ferroviaire de la SNCF, estimée à 35 milliards d'euros. Bénédicte Peyrol reconnaît que ce sujet extrêmement sensible mobilisera toutes les attentions le moment venu.

Qui détient la dette ?

Pour répondre à l'interrogation du communiste Jean-Paul Dufrègne, la rapporteure a aussi détaillé dans les grandes lignes l'origine des possesseurs de la dette française.

Il s'agit, pour environ 60%, de la Banque centrale européenne. 13% sont détenus par des investisseurs asiatiques, 9% par des Américains et 18% par des organisations internationales.

La députée a regretté de ne pas pouvoir être plus précise, car, "si nous nous posons souvent cette question (...) c'est compliqué d'aller rechercher individu par individu, institution par institution, qui détient la dette".