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L’hommage de l’Assemblée nationale aux victimes des attentats de Trèbes et Carcassonne

Les députés ont salué la mémoire des victimes des attentats de l'Aude, mardi lors des Questions au gouvernement. Après avoir respecté une minute de silence, toutes les sensibilités politiques ont pu évoquer la stratégie antiterroriste à mener après ce nouveau drame qui a fait quatre morts et quinze blessés. "Ceux qui affirment que cet attentat aurait pu être évité prennent une bien lourde responsabilité !", a lancé Édouard Philippe, une critique à peine voilée de Laurent Wauquiez (LR) et Marine Le Pen (FN) qui ont multiplié les propositions sécuritaires depuis le week-end.

"Expulser ou enfermer les fichés S ? C'est méconnaître profondément nos outils de renseignement et notre Etat de droit !" En une formule, Édouard Philippe a renvoyé dos à dos la droite et l’extrême droite, quatre jours après les attentats de Trèbes et Carcassonne.

"Ceux qui affirment, sans savoir, que cet attentat aurait pu être évité, ceux qui croient pouvoir promettre aux Français un risque zéro, je le dis : ceux-là prennent, dans leur légèreté, une bien lourde responsabilité", a ajouté le Premier ministre, mardi, lors des questions au gouvernement. Edouard Philippe a rendu hommage au lieutenant-colonel Beltrame qui "incarne la République". "Il est son image, son corps. Il s'inscrit dans une longue histoire de Françaises et de Français qui se sont tenus droits au moment où le pire survenait."

Combattra le terrorisme avec "des armes de droit commun"

Le Premier ministre répondait aux interventions des représentants de chaque groupe parlementaire. Au patron du groupe LR, Christian Jacob, qui l’appelait à "prendre les décisions que les Français ont trop longtemps attendues" – comme l’expulsion des fichés S étrangers ou leur placement en rétention -, Édouard Philippe a répondu que le gouvernement combattra le terrorisme avec "des armes de droit commun". "L’Etat d’urgence était nécessaire et il était nécessaire d’en sortir !", a-t-il martelé dans l’hémicycle.

La proposition de Manuel Valls, pourtant apparenté LREM, visant à interdire le salafisme ? "On ne peut pas interdire une idée...", a évacué le Premier ministre, en citant l'article 10 de la déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen.

"La différence entre l'héroïsme et la lâcheté"

Plus tôt, s’exprimant au nom du groupe LREM, Danièle Hérin, député de la circonscription de Trèbes, a appelé la classe politique à "faire preuve de décence" en "respectant le deuil". "Devant la barbarie, l'essentiel tient en l'attitude des hommes...", a abondé Marc Fesneau, le patron du groupe Modem. Le nouveau leader du PS, Olivier Faure, a livré un message en direction des plus jeunes : "Je dis à tous les enfants de France, entre celui qui sacrifie sa vie pour les autres et celui qui sacrifie celle des autres, il y a la différence entre l'héroïsme et la lâcheté. Entre le courage et l'indignité…"

La France insoumise, dont un ancien candidat aux législatives a été condamné mardi à un an de prison avec sursis pour apologie du terrorisme, a rendu hommage au gendarme Beltrame, "un héros de la condition humaine". "M. le Premier ministre, nous sommes certains que vous et tous les services de l'Etat avez fait, dans de telles circonstances, du mieux que vous pouviez", a ajouté Jean-Luc Mélenchon.

Les obsèques d'Arnaud Beltrame, qui sera élevé au grade de commandeur de la Légion d’honneur, auront lieu jeudi en la cathédrale de Carcassonne avant son inhumation à Ferrals-les-Corbières (Aude). Un hommage national lui sera rendu mercredi aux Invalides à partir de 11H30. Emmanuel Macron prononcera son éloge funèbre, en présence de quelque 200 de ses frères d'armes.