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Perquisitionné, Mélenchon dénonce une "mise en scène", Philippe calme le jeu

Le président de La France insoumise a regretté les perquisitions qui ont eu lieu "sans aucun motif d'urgence" mardi aux sièges du Parti de gauche et de La France insoumise, ainsi qu'à son propre domicile. Il soupçonne une "mise en scène", ce que réfute Édouard Philippe.

Jean-Luc Mélenchon est-il victime d'une police politique ? C'est en tout cas ce que le patron de La France insoumise a laissé entendre mardi, lors des Questions au gouvernement. Cible d'une perquisition de son domicile "à 7h" du matin, il regrette une "mise en scène" qui plus est "sans aucun motif d'urgence".

Jean-Luc Mélenchon dénonce une procédure menée par un "procureur nommé après un entretien d'embauche" par le Premier ministre lui-même. Le leader de La France Insoumise a d'ailleurs partagé en direct cette perquisition sur son compte Facebook.

Deux enquêtes en cours

Selon Le Monde, les agents de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) agissait dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris.

La première concerne l'emploi d'assistants parlementaires européens. Les fonds européens ont-ils réellement été utilisés au service des députés européens Insoumis ou ont-t-il été détourné pour la rémunération de collaborateurs du parti, à Paris ? Les autres perquisitions, qui ont eu lieu en parallèle dans les locaux de La France insoumise et du Parti de gauche, autre formation fondée par Jean-Luc Mélenchon, ont été menées sur ce fondement.

La deuxième enquête concerne la validité des comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle. Ce dernier y voit "un véritable traquenard", mené par "monsieur Logerot" (le patron de la commission nationale des comptes de campagne).

Il a transformé cette commission en un moyen de dénoncer les gens et de les envoyer au pilori"Jean-Luc Mélenchon, 16 octobre 2018

Jean-Luc Mélenchon s'insurge : "Est-ce encore l'État de droit ?". Selon lui, "tous les fichiers du mouvement La France insoumise et tous ceux du Parti de gauche" ont été "aspirés" par la justice, sans avoir pu signer "un seul procès-verbal".

Compassion et désaccord

Mis en cause, Édouard Philippe a répondu en faisant mine de compatir à la situation de Jean-Luc Mélenchon :

Vous n'êtes pas le premier à subir cette émotion et cette colère, confronté de bonne foi à une procédure judiciaire.Édouard Philippe, le 16 octobre 2018

Le Premier ministre a ensuite pointé des "inexactitudes" : "La perquisition réalisée ce matin n'a pas été demandée par 'un procureur que j'aurais nommé après un entretien préalable'. Le procureur de Paris a été nommé bien avant que je sois nommé Premier ministre...", rappelle-t-il.

"Il n'y a aucune instruction individuelle donnée au procureur", a enfin assuré le Premier ministre, qui a insisté sur l'indépendance de la justice.