twitter facebook chevron-right

Suppression de l'ISF : la gauche veut connaître les gains pour les plus riches

Les députés de gauche ont fait front commun mardi soir dans l'hémicycle pour obtenir du gouvernement le détail des baisses d'impôts accordées aux plus aisés. Bruno Le Maire a apporté un début de réponse, alors qu'une pétition en ligne a été lancée par Libération pour "rendre public" l'impact de ces mesures sur "les 100 Français les plus riches".


Le budget 2018 est-il un budget pour les riches ? Les députés nouvelle gauche (socialistes), communistes et Insoumis ont uni leur force, mardi, pour que le gouvernement le reconnaisse. Lors de la discussion générale sur le projet de loi de finances, le premier du quinquennat, Valérie Rabault, rapporteure générale du budget de l'ancienne majorité, est la première à faire feu : "Vous faites, avec l'argent des Français, un chèque de 4,5 milliards d'euros, sans aucune transparence !", déplore la socialiste.

La députée aimerait connaître combien de ménages bénéficieront de la fin l'impôt de solidarité sur la fortune et les gains qu'ils pourront escompter, en prenant aussi en compte la mise en place d'une "flat tax", soit un taux d'imposition unique sur le capital de 30%.

Un début de réponse

Bruno Le Maire lui a apporté quelques éléments de réponse, ajoutant qu'il apporterait "tous les chiffres complémentaires" à ceux qui le demanderont.

"Les 1000 plus importants contributeurs à l'ISF paient 406 millions d'euros", a détaillé le ministre de l'Économie et des Finances. Un montant duquel il faudra retrancher le nouvel impôt sur la fortune immobilière. Ces grandes fortunes, qui représentent 0,3% des ménages soumis à l'ISF, paient à eux seuls "10% du montant total" de cet impôt. Enfin, il y a aujourd'hui "400 000 contributeurs à l'ISF", dit Bruno Le Maire.

Les explications du ministre s'arrêtent cependant là, alors que Le Canard enchaîné du 18 octobre révèle que deux notes des services de Bercy ont simulé avec précision les gains pour les 100 premières fortunes françaises générés par les mesures du gouvernement.

Mais, selon un haut fonctionnaire cité par le journal, l'exécutif a tout intérêt à ne pas (trop) rentrer dans les détails :

Si elles étaient publiées, elles auraient un effet déflagratoire sur l'opinionUn haut-fonctionnaire, Le Canard enchaîné du 18 octobre 2017

Une pétition pour la transparence

L'occasion était donc trop belle pour les parlementaires d'opposition, qui se sont engouffrés dans la brèche. Une centaine de socialistes, communistes, insoumis et un député constructif (Jean-Christophe Lagarde) ont été mercredi les premiers signataires d'une pétition lancée par Libération. Objectif : rendre public l'impact des réformes de l'ISF et de la flat-tax sur les 100 Français les plus riches.

Une idée déjà défendue par Michel Sapin sur LCP la semaine dernière :

Le ministre de l'Économie sortant, en poste cinq ans à Bercy, a peut-être eu vent des simulations en cours dans son ancien ministère...

Cette pétition permet en tout cas à la gauche de faire cause commune contre la majorité et sa politique fiscale. "Ce choix-là va vous marquer, et vous marquer à la culotte jusqu'au bout !", prédit le député communiste Fabien Roussel.