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Confinement, mobilisation des forces de l'ordre, masques, tracking : Christophe Castaner auditionné par les députés

Confinement, mobilisation des forces de l'ordre, masques, tracking : Christophe Castaner auditionné par les députés

Actualité
le Mercredi 22 avril 2020 à 16:24

Lors de son audition à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur a notamment fait le point sur les moyens mis en oeuvre pour faire respecter le confinement. Devant les députés de la mission d'information sur l'épidémie de coronavirus, Christophe Castaner a souhaité que le Covid-19 soit inscrit au tableau des maladies professionnelles pour les forces de l'ordre.

Jeudi matin, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a été auditionné par la mission d'information parlementaire sur le Covid-19. Il a rappelé sa volonté de "faire respecter le confinement", "notre meilleure arme contre le virus".

Devant les députés réunis en visioconférence, le ministre a rappelé que près de 110.000 policiers et gendarmes sont déployés en moyenne sur tout le territoire, avec déjà 9,5 millions de contrôles et plus de 568 000 verbalisations.

Christophe Castaner a également assuré qu'il n'y avait pas d'exception aux contrôles : "L'intégralité de la France depuis le début du confinement en a fait l'objet."

Masques : "Pas un sujet médicalement démontré"

Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs demandé aux préfets de prendre contact avec les maires qui ont pris des arrêtés rendant le port du masque obligatoire afin qu'ils retirent ces arrêtés.

"C'est un sujet qui n'est pas médicalement démontré", assure le ministre de l'Intérieur, qui renvoie à une future "doctrine nationale" de déconfinement.

En attendant cette dernière, Christophe Castaner se dit prêt à "durcir partout où c'est nécessaire" les règles du confinement afin d'éviter tout "relâchement". Mais le ministre reconnaît qu'un confinement long risque, à terme, d'entraîner une "perte d'adhésion progressive de la population".

L'Intérieur "pas concerné" par le tracking

S'agissant d'un éventuel "tracking" (ou traçage numérique) des individus par leurs téléphones portables, afin de faciliter le déconfinement, Christophe Castaner a indiqué que, si un tel dispositif était mis en place, il s'agirait d'un outil strictement "sanitaire".

"Je n'ai aucun avis sur le sujet", a-t-il donc affirmé, ajoutant que son ministère n'est "pas concerné" par de telles opérations qui ne font pas partie "des attributions et des missions" de l'Intérieur.

Le préfet Lallement a reconnu "une faute"

Le ministre a par ailleurs répondu aux députés qui l'ont interrogé sur les propos polémiques du préfet de police de Paris, Didier Lallement, la semaine dernière. Ce dernier avait fait un lien entre les admissions en réanimation et le non-respect des règles du confinement.

"Il a dit des faits inexacts, maladroits et faux, qui ont pu heurter profondément ceux qui l'ont entendu."Christophe Castaner

"Une chose est sûre, c'est que le préfet à regretté ses propos, qui étaient une faute", a ajouté le ministre.

1 400 fonctionnaires de l'Intérieur touchés par le Covid-19

Interrogé sur les mesures prises pour protéger les forces de l'ordre contre l'épidémie, Christophe Castaner a rappelé qu'il n'était "pas médecin" : "Notre action dans ce domaine a correspondu à la stricte mise en oeuvre des doctrines arrêtées par les autorités sanitaires", a-t-il assuré.

Le ministre de l'Intérieur a reconnu un "désaccord" avec certains syndicats sur le port du masque pour les forces de l'ordre.

Pour protéger les policiers et gendarmes parfois visés par des "crachats" lors de contrôles, le gouvernement a toutefois commandé plusieurs dizaines de milliers de lunettes de protection et de visières.

Sur l'ensemble du ministère de l'Intérieur, 1 400 fonctionnaires sur 300 000 ont contracté le coronavirus. Pour faire face à cette situation, Christophe Castaner souhaite que le Covid-19 soit inscrit au tableau des maladies professionnelles. Il souhaite également que le lien entre l'affection et l'activité professionnelle des agents qui ont assuré leur mission au contact du public soit "présumé".

Municipales : les "autorités politiques" associées

Sur le maintien du premier tour des élections municipales, Christophe Castaner a souligné que "les moments de discussions" ont été "nombreux" : "Ne laissons pas penser que c'est une décision qui a été prise sans prendre l'avis des personnels de santé."

"Les autorités politiques, les présidents de groupe à l'Assemblée ou au Sénat" ont également été associés à la décision, a indiqué le ministre de l'Intérieur.

Le ministre a toutefois évoqué une "impasse juridique" pour l'élection des nouveaux maires au sein des conseils municipaux : "Elles doivent se faire par bulletins secrets, c'est la loi [or] nous ne savons pas le faire à distance avec toutes les garanties".

"La lutte antiterroriste reste à un haut niveau de mobilisation"

Après l'attaque au couteau qui a fait deux morts à Romans-sur-Isère samedi dernier, Christophe Castaner a assuré que la lutte antiterroriste restait "à un haut niveau de mobilisation" en cette période de crise sanitaire. "Tous nos dispositifs continuent à fonctionner", a précisé le ministre de l'Intérieur.

Enfin, dans un autre domaine qui fait partie de son champ de compétences, la lutte contre l'immigration illégale, le ministre a expliqué que les centres de rétention administrative continuaient d'assurer leur mission. "Nous continuons à procéder dans certains cas à des expulsions", a-t-il indiqué.