Déconfinement : l'Assemblée nationale approuve le plan du gouvernement

Actualité
le Vendredi 29 mai 2020 à 15:41

Les députés ont voté mardi en faveur du plan de sortie progressive du confinement, à partir du 11 mai, présenté par le Premier ministre, Edouard Philippe.

L'Assemblée nationale valide le plan de déconfinement présenté par le Premier ministre Edouard Philippe. 368 députés ont voté en faveur des annonces du gouvernement, 100 ont voté contre et 103 se sont abstenus.

La majorité fait bloc

Les députés de La République en Marche ont, sans surprise, massivement voté pour le plan du gouvernement (289 voix pour). Seulement six d'entre-eux se sont abstenus et Martine Wonner est la seule élue LaREM à avoir voté contre.

A la tribune, le président du groupe Gilles Le Gendre a affirmé que le déconfinement serait le "laboratoire de l'après". Il sera aussi, selon lui, un "défi pour la démocratie", "celui de la concorde et du dépassement" : "Nous n'accomplirons le déconfinement qu'unis et rassemblés", a estimé l'élu.

Les députés du MoDem ont également soutenu le gouvernement (45 voix pour). Défendant l'action de la majorité, malgré les "difficultés rencontrées" sur la question des masques, le patron des députés MoDem Patrick Mignola a demandé à l'opposition de faire preuve de davantage d'"humilité".

Les Républicains s'abstiennent

Comme l'avait annoncé son président, Damien Abad, le groupe Les Républicains a majoritairement choisit l'abstention avec 67 députés qui se sont abstenus. Mais dix élus LR ont voté pour le plan du gouvernement, dont Eric Woerth et Guillaume Larrivé, et 24 ont voté contre.

Damien Abad a dénoncé dans l'hémicycle du palais Bourbon les "injonctions contradictoires" du gouvernement. Il a aussi refusé tout déconfinement "jacobin, bureaucratique et technocratique".

Le député de l'Ain a prôné une stratégie de dépistage "massive et systématique" et s'est prononcé en faveur du port du masque obligatoire. Il a également demandé plus de "souffle et de conviction" concernant les mesures économiques prises pour faire face à la crise.

La gauche refuse sa "confiance"

A gauche, Jean-Luc Mélenchon a refusé de faire d'Edouard Philippe "le bouc émissaire de confort" de la crise. Le président du groupe La France insoumise a préféré évoquer longuement les différents "diagnostics erronés en première ligne", citant l'ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn et surtout Emmanuel Macron.

"Nous ne partageons ni votre diagnostic ni le système d'action que vous avez choisi", a résumé le président du groupe La France insoumise, qui estime qu'il n'y aura le 11 mai ni "la quantité de masques suffisante", ni "la quantité de tests" ou "la capacité d'hébergement en quarantaine" nécessaires. Les 17 députés LFI ont voté contre.

Les députés communistes ont également refusé d'accorder leur "confiance" au gouvernement (1 pour, 14 contre). Stéphane Peu a dénoncé "l'impréparation totale" de l'exécutif et a mis en cause "le froid projet que d'autres ont certes engagé" mais que la majorité et le gouvernement auraient "opiniâtrement poursuivi" selon lui : "En 20 ans, 100.000 lits d'hôpital ont été supprimés."

S'exprimant au nom des députés socialistes, Olivier Faure a demandé un "geste fort de solidarité" pour faire face à une future "crise sociale d'une violence inouïe". Le premier secrétaire du Parti socialiste a également réclamé le rétablissement de l'ISF et l'abrogation de la flat tax. 20 députés socialistes ont voté contre le plan de déconfinement, 10 se sont abstenus.

"Bureaucratisation extrême"

Lors de son passage à la tribune de l'Assemblée nationale, Bertrand Pancher (Libertés et Territoires) a pour sa part dénoncé "les dysfonctionnements désastreux de l'Etat central" et mis en cause "une bureaucratisation extrême qui gangrène notre pays". Le vote du groupe Libertés et Territoires a été divisé : 3 pour, 11 contre, 5 abstentions.

Le groupe UDI, Agir et Indépendant a soutenu en majorité le plan gouvernemental (15 pour, 3 contre, 9 abstentions). Le président du groupe Jean-Christophe Lagarde avait salué dans l'hémicycle la stratégie du gouvernement, tout en dénonçant un "certain nombre de contradictions".