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La diaspora des cendres- Débatdoc jeudi 12 mai à 20h30

Un film événement de William Karel

Dans ce documentaire sur la « Solution Finale », il n’y a ni commentaire, ni témoin. Uniquement des images actuelles d’Auschwitz et des lieux d’extermination, longuement filmés de jour et de nuit, s’entremêlant avec de nombreuses photos dépeignant la situation des Juifs avant la déportation, les rares clichés de l’arrivée des déportés, ainsi que d’innombrables dessins de Sonderkommandos, fenêtres ouvertes sur l’horreur.

Sur ces images, six voix lisant des témoignages de victimes et de bourreaux, les croisant et les opposant : de nombreux journaux intimes, billets jetés des trains par les déportés, lettres de prisonniers juifs, de Sonderkommandos, de SS, circulaires ministérielles, notes de service des responsables d’Auschwitz, réclamations à propos de problèmes techniques, lettres de soldats allemands à leur famille, documents cachés par les survivants, extraits de livres, etc.

A partir de cet entrelacs, on voit se déployer toute la logique de l’entreprise de destruction des Juifs d’Europe, progressant à travers les deux périodes définies par l’historien de la Shoah Saul Friedländer : aux « années de persécution » précédant la déportation (stigmatisation, interdictions diverses, humiliations répétées tant en Allemagne que dans les territoires occupés, spécialement en France) succèdent les « années d’extermination » marquant un saut sans précédent dans l’inhumanité.

  • Documentaire réalisé par William Karel 
  • Produit par Adam Leibovitz et Jean-François Lepetit
  • Durée : 67'/ Année : 2021
  • Voix de : Mathieu Amalric - Beulah Borr - Valérie Dréville - Elsa Lepoivre (sociétaire de la Comédie Française) - François Marthouret - Denis Podalydès (sociétaire de la Comédie Française)
  • Coproduction : Flach Film Production /LCP-Assemblée nationale, en partenariat avec France Culture, avec la participation de TV5MONDE et du CNC, avec le soutien de la PROCIREP- Société des Producteurs et de l’ANGOA
  • Montage : Flavie David - Musique : Valentin Portron
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Ce documentaire sera également diffusé en avant-première lors d'une projection-rencontre avec William Karel, au Mémorial de la Shoah dimanche 30 janvier à 16h30.

Diffusions :

  • Jeudi 12 mai à 20h30
  • Jeudi 19 mai à 00h30
  • En en replay sur LCP.FR

DOCUMENTAIRE SUIVI D'UN DÉBAT PRÉSENTÉ PAR JEAN-PIERRE GRATIEN

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sur le thème "Shoah : le long chemin de la mémoire" avec : 

Tal Bruttmann, historien spécialiste de la Shoah   

Ce film sur la Shoah représente pour moi un enjeu déterminant. Comment parler aux générations futures de ce qui est sans doute l’un des plus grands crimes de l’histoire de l’humanité ? Les derniers témoins disparaissent, et, avec eux, la possibilité d’un témoignage oral direct et réflexif.

J’ai, pour ce film, imaginé un dispositif simple. Une lecture croisée de textes issus du monde nazi et de textes provenant des victimes, les déportés juifs. Je veux donner à entendre l’horreur de la machine destructrice qu’a été cette idéologie. Elle a réussi à faire plier l’administration devant ses projets macabres. C’est pourquoi le grand historien de la Shoah Raul Hillberg a pu qualifier l’administration nazie d’innovations linguistiques. En effet, jamais aucun appareil d’Etat n’avait imaginé, avec autant de détails, un effort national de destruction et de meurtres de masses. C’est cette réalité-là que je veux donner à voir et à entendre. Ces textes sont lus par de grands acteurs sur des images d’Auschwitz aujourd’hui, des photos dépeignant la situation des juifs français avant la déportation et pendant leur captivité en France, ou encore de nombreux dessins de déportés.

Le montage fait alterner séquences visuelles d’Auschwitz le jour et la nuit, ceci dans un souci de temporalité. Rappeler que des gens vivaient dans cet endroit, étaient soumis au rythme naturel, passage du jour et de la nuit, dans un contexte hors normes. Un contexte d’inversion des valeurs, le crime étant honoré, la destruction encouragée, l’humiliation soutenue.

Notre monde est de nouveau traversé par cette haine plurimillenaire. Je souhaite que ce film, par sa nature de confrontation de discours, permette aux jeunes générations d’avoir les éléments nécessaires pour lutter contre ce fléau.

William Karel