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La neutralité suisse : l'art de la prospérité-Débatdoc lundi 10 janvier à 20h30

LES COULISSES DE L'HISTOIRE, SAISON 2

L’Histoire nous a légué de la Suisse l’image d’un pays à la neutralité exemplaire, au
point que cette image est un élément de son identité. Et pourtant ! Durant la Seconde Guerre mondiale, la Confédération Helvétique s’est écartée de ses valeurs légendaires et la bonne marche des affaires a généralement prévalu sur toute autre considération. Ainsi, Berne a réussi à préserver l’intégrité de son territoire et sa prospérité en s’arrangeant avec ses principes les plus fondamentaux.

Le 2 septembre 1939, alors que l’Europe se prépare à la guerre, la Suisse appelle ses
concitoyens sous les drapeaux. Le pays se sait démuni face à la menace qui se profile et ses troupes ne sont pas en mesure de repousser une éventuelle invasion. De plus, la survie de l’économie helvétique dépend en grande partie de ses importations et notamment du charbon allemand. La Confédération va alors s’efforcer de maintenir des liens avec l’ensemble de ses partenaires, tout en essayant préserver sa traditionnelle neutralité.


Dix mois plus tard, Hitler a gagné la guerre à l’Ouest et la Suisse se retrouve encerclée.
Pragmatique, pour éviter tout sujet de discorde potentiel, la petite république durcit
drastiquement les conditions d’accueil des réfugiés. Alors que des milliers de juifs sont refoulés à ses frontières, les bons offices humanitaires du Comité international de la Croix Rouge viennent donner le change et redorer son blason. Dans le même temps, ses banques acceptent de blanchir l’or volé par les nazis dans les pays occupés, son industrie tourne à plein régime pour fournir à la Wehrmacht, armes et équipement et les filiales de ses entreprises installées en Allemagne s’engagent sans remord dans l’effort de guerre allemand.


Toutefois, en 1942, lors de l’entrée en guerre des États-Unis, les relations entre Berne et
Berlin sont montrées du doigt. D’autant que cette complaisance ne tarde pas à se muer en
compromission. Mais les pressions n’y changeront rien et la Suisse maintient une ligne qui
privilégie sa prospérité économique entendue comme la meilleure garantie de sa neutralité. Ce n’est que dans les tous derniers mois du conflit que Berne finit par mettre fin aux nombreux avantages financiers consentis à l’Allemagne.


Après-guerre, au coeur d’une Europe dévastée, la Suisse est intacte. Seule, sa réputation
a souffert. Mais très vite, elle renoue avec son prestige d’antan. Les honteuses compromissions avec le IIIème Reich sont oubliées. Il faut attendre 2002 pour que les archives des banques et des grandes entreprises révèlent que la Suisse a, intentionnellement ou non, favorisé l’effort de guerre nazi. Les Suisses débattent, s’excusent, dédommagent les victimes puis referment définitivement leurs archives, estimant avoir soldé les comptes du passé. La Suisse avait pendant la guerre oubliée la vertu, elle célèbre désormais les vertus de l’oubli.

  • Documentaire de Philippe Saada et Paul Le Grouyer 
  • Durée : 52' / Année : 2020
  • Production : Cinétévé et Arte France 
Video file

Diffusions : 

  • Lundi 10 janvier à 20h30
  • Dimanche 16 janvier à 18h
  • Lundi 17 janvier 00h30

Suivi d'un débat présenté par Jean-Pierre Gratien 

Sur le thème "1939-1945 : la neutralité suisse, à quel prix ? avec :

  • Irène Hermann, professeure d’histoire suisse à l’Université de Genève, 
  • Phillipe Saada, réalisateur du documentaire,
  • Richard Werly, journaliste, correspondant permanent du quotidien Le Temps à Paris.
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