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"Y’en a marre, on n’est pas des truands ! On n’a pas besoin d’être suspecté en permanence !"

Le député LR du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer a poussé un coup de gueule, mardi, à l’Assemblée nationale. "On passe notre temps à collecter les factures, les notes de restaurant !" enrage l'élu qui ne supporte plus les contrôles imposés par les nouveaux textes. Il considère que "les députés ne sont peut-être pas assez bien payés" et qu'une revalorisation de leur indemnité permettrait de mieux lutter "contre les tentations diverses" comme "la corruption".

Les députés sont-ils mal payés ? C'est l'hypothèse qu'a avancé mardi l'élu Les Républicains Jean-Luc Reitzer lors de l'audition des membres de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

Saisis le 27 mars par François de Rugy, les membres de la HATVP, menés par leur secrétaire générale Lisa Gamgani, étaient venus présenter leur contribution au rapport du groupe de travail sur le statut des députés.

Selon leurs calculs, un député sur cinq a déclaré en 2017 conserver au moins une activité professionnelle : les primo-députés sont 72% à le faire, contre 22% pour les députés sortants.

Une différence générationnelle qui s'explique, selon Jean-Luc Reitzer, par une perte de pouvoir d'achat dont pâtissent les députés nouvellement élus :

Y'en a peut-être qui se disent aussi qu'avant ils gagnaient peut-être beaucoup plus.Jean-Luc Reitzer

Citant l'exemple de la députée LREM qui s'était plaint de "manger pas mal de pâtes", Jean-Luc Reitzer, qui est élu depuis 1988, a évoqué les "petits nouveaux" de l'Assemblée nationale qui "avant gagnaient 10 ou 15.000 euros et maintenant se retrouvent avec 5.300 euros".

"Lutter contre les tentations"

L'élu estime même qu'il faut "peut-être faire en sorte de mieux payer les députés" et leur assurer une meilleure réinsertion professionnelle afin de lutter "contre les tentations diverses" comme "la corruption" par exemple.

Une position loin d'être iconoclaste pour la secrétaire générale de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, qui a rappelé que dans un précédent rapport de la HATVP "il avait été question de revaloriser l'indemnité des parlementaires".

"On passe son temps à collecter les factures"

Jean-Luc Reitzer en a également profité pour exprimer son mécontentement vis-à-vis des nouvelles règles imposées ces dernières années aux députés dans le sillage de l'affaire Cahuzac.

L'élu a dénoncé la modification du régime de contrôle de l'indemnité représentative de frais de mandat. Depuis novembre, les députés bénéficient d'une avance forfaitaire mensuelle de 5.373 euros net.

En cas de contrôle, ils doivent pouvoir fournir des justificatifs pour leurs dépenses : "On passe son temps maintenant à collecter les factures, les notes de restaurant et autres", a déploré l'élu.

"C'est mon épouse qui fait tout"

Jean-Luc Reitzer a également critiqué la complexité de la "déclaration de patrimoine" qui doit être remplie, depuis une loi votée en 2013, par chaque député au moment de son élection :

Moi je m'en occupe pas, c'est mon épouse qui fait tout mais je sais que quand elle doit le faire, elle passe un mauvais quart d'heure...Jean-Luc Reitzer

"J'ai l'impression que l'on a pas mal de contrôles et que c'est pas la peine d'en rajouter", a ajouté le député, échaudé par l'hypothèse - avancée lors des échanges - d'instaurer de nouveaux contrôles aux députés qui ont rendu leur mandat ou qui n'ont pas été réélu, notamment pour éviter tout "conflit d'intérêt".

"Franchement, il y en a marre", a ajouté Jean-Luc Reitzer, qui estime que les députés "ne sont pas des truands".