Municipales : Bruno Retailleau dénonce 112 "accords de la honte" entre LFI et le reste de la gauche

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Bruno Retailleau le 5 mars 2026 (© LCP)
Bruno Retailleau le 5 mars 2026 au Blanc-Mesnil (© LCP)
par Raphaël Marchal, le Jeudi 5 mars 2026 à 14:15

Le président des Républicains, Bruno Retailleau, a blâmé la "tartufferie" des formations de gauche hors LFI, impliquées dans "112 accords de la honte" avec les Insoumis au premier tour des élections municipales de mars 2026. "Pas une voix ne doit aller à LFI", a-t-il martelé lors d'un déplacement au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), ce jeudi 5 mars.

C'est depuis l'hôtel de ville du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) que Bruno Retailleau a dévoilé la carte des "accords de la honte", ce jeudi 5 mars. Le président des Républicains a recensé pas moins de "112 accords" qui unissent La France insoumise et au moins une autre des formations de gauche au premier tour des élections municipales, qui se tiendra dimanche 15 mars. Et ce malgré l'engagement pris par les socialistes de rejeter toute "accord national" avec LFI.

"Tartufferies", a dénoncé Bruno Retailleau, pointant la présence du logo LFI sur de nombreuses affiches de candidats de gauche. Istres, Ronchin, Wattrelos, Calais, Perpignan ou encore... Le Blanc-Mesnil figurent sur la liste concoctée par les LR. Sur les 112 communes citées, 44 impliquent les quatre formations de gauche - LFI, les Ecologistes, le Parti socialiste et le Parti communiste français - c'est le cas par exemple à Niort, Fréjus ou Draguignan -. 62 accords impliquent à la fois LFI et le PS, selon le sénateur vendéen, qui a également dénombré 5 unions portant uniquement entre les deux formations. "Ou ils revendiquent cet accord, ou ils le dénoncent", a assuré le président des LR, épinglant "l'hypocrisie" de la gauche.

Au côté du sénateur Thierry Meignen, candidat au Blanc-Mesnil. Bruno Retailleau a chargé les Insoumis, coupables à ses yeux de la "brutalisation" et de la "conflictualisation" des débats publics. Il s'en est également pris à Jean-Luc Mélenchon, qui "envoie des signaux faibles aux antisémites" quand il questionne la prononciation du mot "Epstein". "La violence, c'est ce qui s'est passé à Lyon",  a enchaîné le sénateur vendéen, rappelant que des membres de la Jeune garde sont suspectés dans la mort de Quentin Deranque. Autant d'éléments qui achèvent de rendre LFI infréquentable à ses yeux. "Pas une voix ne doit aller à LFI ou à ceux qui s'en rapprochent", a-t-il conclu, appelant les "partis de gauche républicains" à "se ressaisir".

La réplique du PS

Avant même le début de la conférence de presse, le Parti socialiste avait répondu aux critiques du président des Républicains. "Ce sont des listes citoyennes, dans lesquelles il y a tous les collectifs de gauche qui sont réunies, et qui n'ont pas été validées par la direction nationale du PS", a soutenu Pierre Jouvet, secrétaire général du Parti socialiste, sur Public Sénat. Dénonçant les "mensonges" de Bruno Retailleau, il a exhibé une liste d'accords entre LR et l'extrême droite. "Je n'ai pas de leçon à recevoir de quelqu'un qui fait un accord avec le parti d'Eric Zemmour", a-t-il lancé, pointant notamment la présence de personnalités LR sur la liste Reconquête à Bourg-en-Bresse.

Au Blanc-Mesnil, Bruno Retailleau a écarté ces critiques d'un revers de main, assurant que son parti envoyait des mises en demeure dès lors qu'une utilisation du logo LR était utilisé à mauvais escient. "Il y a près de 35.000 communes. On ne peut pas empêcher qu'il y ait des démarches individuelles."