En mai 2027, on connaîtra l'identité du nouveau président de la République. D'ici là, chaque camp va mener campagne. Mais qui est déjà candidat, qui entend le devenir et qui pourrait se laisser tenter ? LCP a dénombré plus de 30 élus déclarés ou putatifs.
A moins d'un an de l'élection présidentielle de 2027, plus d'une vingtaine de responsables politiques se sont déclarés ou ont laissé entendre qu'ils pourraient en être en fonction de la configuration politique à venir. LCP en a, pour l'heure, dénombré 34 (sans compter ceux qui pourraient venir de la société civile). Qui sont-ils ? On fait le point.
Eux ont d'ores et déjà officialisé leur candidature à la présidentielle. Ils sont au nombre de seize. Parmi eux, Edouard Philippe, le président de Horizons, parti tôt en campagne dès septembre 2024. "Si nous nous attaquons franchement aux quatre ou cinq grands blocages sur lesquels nous butons depuis des décennies, on peut très vite remettre notre pays sur la bonne voie", a lancé l'ancien Premier ministre dimanche à Reims face aux cadres de son parti. Face à lui, dans le camp du bloc central, Gabriel Attal qui a officialisé sa candidature le 22 mai, autour de cinq priorités – école, salaires, frontières et intelligence artificielle –, avant un premier meeting de campagne la semaine suivante.
Bruno Retailleau aussi espère conquérir l'Elysée en 2027. Il a été désigné candidat par les adhérents du parti qu'il dirige, Les Républicains, à la mi-avril, lors d'une consultation interne.
Un parti que David Lisnard (Nouvelle Energie) a annoncé quitter fin mars ; le maire de Cannes en profitant pour officialiser sa candidature à la présidentielle. A droite, le président LR des Hauts-de-France, Xavier Bertrand (Nous France), assure qu'il en sera également. "Aujourd'hui, une chose est certaine, je suis beaucoup plus à l'aise avec mes convictions parce que je les défendrai jusqu'au bout", a-t-il répété en février.
Pour le Rassemblement national, Marine Le Pen s'était lancée en septembre 2023 sur TF1, en attente de la décision de la cour d'appel de Paris. La présidente des députés RN a confirmé sa candidature le mardi 7 juillet.
Il faudra aussi compter sur Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) qui a confirmé fin mai qu'il sera sur la ligne de départ de la présidentielle pour la quatrième fois consécutive. A gauche, on retrouve également les candidatures de Delphine Batho (Génération écologie) "pour reconstruire une écologie capable de gouverner" ; du socialiste Jérôme Guedj pour représenter une "gauche républicaine", "universaliste" et "laïque" ; du maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, "pour une France humaine et une France forte" ; et de Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière.
Sans oublier les candidatures de Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Florian Philippot (Les Patriotes), François Asselineau (Union populaire républicaine), Clara Egger (Solution démocratique), Antoine Mikolajczak (Equinoxe) et Francis Lalanne (France Libre).
Plusieurs responsables politiques avaient également déclaré leur candidature en vue de 2027, mais avec une étape supplémentaire. C'était le cas des défenseurs de la tenue d'une primaire de la gauche non-mélenchoniste et des écologistes, initialement prévue pour se tenir le 11 octobre. Il s'agissait de la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, investie par son parti ; du député François Ruffin (Debout) ; de sa collègues Clémentine Autain (L'Après) ; et de l'ancienne eurodéputée Lydie Massard (Union démocratique bretonne). Le député Benjamin Lucas (Générations) avait annoncé sa candidature avant de finalement renoncer le 7 juillet, "[prenant] acte qu’il n’y aura pas de primaire et donc que [sa] candidature à la primaire n’a plus de sens".
"Les adhérents du PS ont décidé d'enterrer la primaire" unitaire, a regretté l'écologiste Marine Tondelier, qui maintient sa candidature, à la présidentielle donc. François Ruffin avait d'ores et déjà prévenu qu'il irait seul si nécessaire : "S'il n'y a pas de primaire, moi j'y vais", avait expliqué le député de la Somme sur France inter.
Le vote des militants socialistes, le 9 juillet, a en effet changé la donne. Le PS organisera une primaire fermée, dont le premier tour se tiendra les 10 et 11 octobre, à laquelle seuls les militants du parti et des "organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste", à l'image de Place publique de Raphaël Glucksmann, pourront participer. Ségolène Royal a annoncé le 10 juillet qu'elle se présenterait à cette primaire. Le député socialiste Philippe Brun également.
Le 23 août, c'est Raphaël Glucksmann qui a officialisé sur TF1 sa candidature à la primaire du camp social-démocrate.
Lui aussi était favorable à une primaire... de la droite. Mais Eric Zemmour (Reconquête) a reconnu sur RTL qu'un tel scrutin était "de moins en moins probable" et a précisé qu'il faudrait dans tous les cas compter sur lui. Parfois envisagée sur la ligne de départ, sa partenaire Sarah Knafo a éclairci sa position en déclarant au Journal du Dimanche : "Je souhaite qu’Éric Zemmour soit notre candidat."
Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, désavoué lors du vote du 9 juillet, annoncera dans les prochains jours s'il souhaite participer à la primaire de l'espace social-démocrate.
Le PS n'est pas en reste côté prétendants. On retrouve également : le président du groupe Socialistes à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, qui s'oppose publiquement à Olivier Faure et aussi l'ancien chef de l'Etat François Hollande, qui ne cache plus se préparer en coulisses, mais refuse la primaire.
S'il n'est plus membre du PS, l'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve (La Convention) a fait un pas supplémentaire vers la candidature en présentant son projet présidentiel dans une interview au Parisien. Sans passer par la primaire lui aussi.
De son côté, le communiste Fabien Roussel, déjà candidat en 2022, a été réélu à la tête de son parti début juillet. Début juin, les militants du PCF s'étaient prononcés à plus de 60% pour un texte déclarant notamment que "les communistes considèrent avoir toute légitimité pour porter une candidature de rassemblement issue de leur rang, pour l'élection présidentielle". L'officialisation de la candidature de Fabien Roussel devrait avoir lieu le 6 septembre, après un vote des militants et quelques jours avant la Fête de L’Humanité.
L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin (La France humaniste), qui multiplie les déplacements, n'est pas encore officiellement dans la course à l'Elysée. Pour autant, il affirme avoir tiré "les leçons" de son éphémère candidature en 2012, avortée faute d'avoir recueilli les 500 parrainages requis pour se lancer et qu'une centaine de personnes se consacrent à la quête de ces précieux appuis.
Que décidera de faire, de son côté, Elisabeth Borne, qui a quitté la direction de Renaissance et a publié un livre intitulé Réveillons-nous ! pour formuler "un certain nombre de pistes autour desquelles nous pourrons bâtir ensemble un projet pour les Français" ? Même question pour Bruno Le Maire, qui a indiqué qu'il donnerait sa décision "en octobre" et a publié le 23 août un manifeste d'une soixantaine de pages "pour une autre France" ; ou encore pour le député Olivier Becht (apparenté Ensemble pour la République) qui envisage aussi une candidature. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a officialisé le 17 août son soutien à Édouard Philippe.
Combien seront-ils vraiment sur la ligne de départ du premier tour en avril 2027 ? A titre de comparaison, ils étaient douze à l'élection présidentielle de 2022 (la liste est ici), onze en 2017 (ici), dix en 2012 (ici), douze en 2007 (ici) et seize – le record – en 2002 (ici). Bien loin des 33 candidatures dénombrées à un an du scrutin.
D'autant que pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle, il ne suffit pas de se déclarer candidat. Les prétendants à l'Élysée doivent en effet obtenir au moins 500 parrainages d’élus, provenant d’au moins 30 départements ou collectivités d’outre-mer différents, sans que plus d’un dixième de ces signatures puissent venir d’un même département.
Note de la rédaction : article mis à jour le 23 août.