François Hollande, lui candidat? Comment il accélère en coulisses pour la présidentielle

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François Hollande
par Soizic BONVARLET, le Vendredi 17 avril 2026 à 17:53, mis à jour le Vendredi 17 avril 2026 à 19:10

Lentement mais sûrement. Après avoir distillé quelques indices d'une possible candidature en vue de l'élection présidentielle de 2027, François Hollande a franchi un pas de plus cette semaine en indiquant "se préparer" dans les colonnes de l'hedomadaire Marianne.

"Comment être utile aujourd’hui ? En me préparant. Je me prépare". Cette déclaration de François Hollande publiée le 15 avril dans les colonnes de Marianne pose un jalon de plus dans sa candidature à l'élection présidentielle. Selon nos confrères de L'Opinion, des proches de l'ancien chef de l'Etat auraient déjà créé une association de soutien ayant notamment vocation à recueillir des fonds. Reste à connaître les modalités d'une éventuelle désignation de François Hollande face à des candidatures concurrentes, à commencer par celle de Raphaël Glucksmann.

"Relation passionnelle à la France"

L'ancien chef de l'Etat avait déjà fait savoir qu'il planchait sur un ouvrage, à paraître chez Robert Laffont avant la fin de l’année. Et ce alors que Raphaël Glucksmann, son principal adversaire dans le camp social-démocrate, publie aussi un opus sur sa vision de la France, à paraître le 28 mai. Et si les derniers sondages témoignent d'une progression modeste de François Hollande, qui côtoie ces jours-ci les 8 % d'intentions de vote, soit bien plus que lorsqu'il était surnommé "monsieur 3%" avant de devenir président de la République, il est encore loin du fondateur de Place Publique, estimé entre 12 et 16%.

"J’ai déjà été président, je n’ai pas été candidat à ma propre succession en 2017", fait valoir François Hollande dans Marianne, où il est photographié une rose à la main. Une manière de marquer sa différence et de mettre en valeur son expérience, dans un monde qu’il décrit comme "fracturé", où "la démocratie est menacée".

"Je n’entretiens pas de relation passionnelle avec le pouvoir, mais avec la France", poursuit celui qui en décembre 2016, s'était dit "conscient des risques que ferait courir une démarche (...) qui ne rassemblerait pas largement autour d’elle", et déplorant alors "la dispersion de la gauche".

Anti-primaire

L’ancien chef de l'Etat a en outre torpillé la primaire de la gauche non-mélenchoniste, défendue notamment par le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure. "Elle n’a pas de sens", a estimé François Hollande, évoquant des différences insurmontables de "lignes" et de "projets" entre les candidats susceptibles d'y participer. Il a également plaidé une nouvelle fois pour une autonomie claire vis-à-vis de La France insoumise, battant en brêche les discours appelant à l'union de la gauche comme seule à même de porter un candidat au second tour.

Il ne faut pas perdre son temps dans je ne sais quelle alliance, dans je ne sais quelle primaire. François Hollande, le 23 mars 2026

Déjà, le 23 mars dernier, sur le plateau du 20 heures de France 2, l'ex-président avait affirmé que, primaire ou pas, il y aurait bien en 2027, "une candidature de la gauche réformiste". Sans confirmer ni constester le fait qu'il pourrait l'incarner. A peine un mois plus tard, cette hypothèse, si elle demeure incertaine, paraît de moins en moins improbable.