DGSI: pourquoi le contrat de Palantir, géant américain controversé de la surveillance, a été reconduit

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Laurent Nuñez à l'Assemblée nationale, le 27 mai 2026
Laurent Nuñez à l'Assemblée nationale, le 27 mai 2026
par Raphaël Marchal, le Mercredi 27 mai 2026 à 21:03, mis à jour le Mercredi 27 mai 2026 à 21:19

Lors d'une audition à l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a expliqué ce mercredi 27 mai que la décision de renouveler le contrat de Palantir, géant technologique américain, avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait été prise en raison d'un "problème technique" sur le déploiement d'une solution française.

En décembre dernier, Palantir a annoncé le renouvellement pour trois ans de son contrat avec la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). L'entreprise américaine, cofondée par le milliardaire libertarien Peter Thiel et par le milliardaire Alex Karp, est pourtant régulièrement sous le feu des critiques des ONG et de certains partis politiques, qui pointent des risques de surveillance de masse, d'atteintes à la vie privée, et d'exploitation de données sensibles par une puissance étrangère.

Ce mercredi, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué que cette décision s'expliquait par une incapacité des opérateurs nationaux à répondre au cahier des charges fixé par la DGSI. "Ce n'est absolument pas une question de crédits. C'est vraiment un problème technique, qu'on a rencontré dès l'origine", a-t-il souligné, lors d'une audition à l'Assemblée nationale. En 2016, le service de renseignement intérieur avait porté son choix sur l'entreprise américaine, seule à offrir des "capacités de traitement des données dans des conditions optimales". Le choix de recourir à Palantir avait été effectué dans l'objectif de renforcer la lutte contre la menace terroriste.

Dès 2022, consciente des problématiques de souveraineté, la DGSI a lancé un appel d’offres OTDH (outil de traitement de données hétérogènes) afin de remplacer l'entreprise de services et d'édition logicielle par un acteur français. Mais trois ans plus tard, force est de constater qu'aucun des candidats n'a réussi à se hisser au niveau de Palantir Technologies. "L'ambition, c'est bien de parvenir à l'utilisation d'outils souverains", a affirmé Laurent Nuñez. Pour le moment, faute de solution française satisfaisante, le contrat avec Palantir en est à son troisième renouvellement, après ceux de 2019 et 2022. "La sécurité des outils est garantie", a martelé le ministre pour répondre aux inquiétudes.