Budget 2027: pour le ministre Farandou, une loi spéciale serait "une erreur totale"

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Jean-Pierre Farandou dans l'hémicycle, le 16 avril 2026
Jean-Pierre Farandou dans l'hémicycle, le 16 avril 2026
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 29 juillet 2026 à 12:38

Le ministre du Travail a indiqué mercredi sa vive opposition à une loi spéciale. Jean-Pierre Farandou a aussi affirmé avoir obtenu du Premier ministre des garanties afin de "préserver la jeunesse", dans le cadre des discussions budgétaires marquées par des objectifs contraignants de diminution des dépenses.

À la rentrée, gouvernement et parlementaires vont très vite replonger dans les méandres des discussions budgétaires. Le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) seront présentés le 30 septembre en Conseil des ministres, puis examinés à l'Assemblée nationale et au Sénat. "Il faut vraiment qu'on arrive à trouver des compromis sur le budget, (…) c'est très important", a déclaré le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, ce mercredi 29 juillet sur Europe 1. "On est en train de travailler un budget, c'est un budget courageux", a -t-il ajouté.

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Jean-Pierre Farandou s'est vivement opposé à un éventuel passage par une loi spéciale, comme cela a été le cas fin 2024 et fin 2025. "C'est une erreur totale, vous ne pouvez rien engager (…), l'Etat est paralysé", a affirmé le ministre, pour qui, dans ce scénario, "le nouveau président (de la République) devra travailler pendant plusieurs mois pour disposer d'un budget pour 2027". "On va se retrouver au mois d'octobre et il faudra déjà travailler sur le budget 2028. Donc c'est une horreur", a-t-il insisté.

"Il ne faut jamais laisser tomber la jeunesse"

Le gouvernement a publié mi-juillet le document annuel fixant les "plafonds de dépenses du projet de loi de finances pour 2027", le "tiré à part" en jargon budgétaire, marqué par une hausse des dépenses de l'Etat quatre fois inférieure à l'inflation, hors défense et intérêts de la dette. C'est "un budget de sauvegarde républicaine" et "la base d'un dialogue que nous voulons conduire jusqu'à la rentrée", a déclaré le ministre des Comptes publics, David Amiel.

Concernant son propre ministère, celui du Travail, touché par une économie de plus de deux milliards d'euros dans le projet de budget pour 2027, Jean-Pierre Farandou assure avoir obtenu du Premier ministre des garanties afin de "préserver la jeunesse". Concrètement, il évoque la préservation des moyens affectés à l'apprentissage et aux contrats d'engagement jeune dans les missions locales. "Il me l'a accordé, donc je préfère faire des efforts ailleurs", a souligné le ministre sur Europe 1. Avant d'ajouter : "C'est une bataille très importante parce que la jeunesse, c'est l'avenir. Il ne faut jamais laisser tomber la jeunesse."

Un budget de pré-élection présidentielle

"Les candidats qui chercheraient à empêcher tout budget à l'automne prendraient la responsabilité de condamner leur propre première année de quinquennat", a mis en garde Sébastien Lecornu dans une récente interview à Paris-Match. Le Premier ministre y a redit son souhait qu'un budget soit adopté "dans l'hiver" pour ne pas entraver le futur président qui sera élu en mai. Il faut "cesser de considérer chaque compromis comme une trahison", arguait-il également.

S'il ne parvenait pas à trouver de compromis pour faire adopter le budget, faute de majorité à l'Assemblée nationale, le gouvernement disposerait de deux options, hormis la loi spéciale : l'article 49 alinéa 3 de la Constitution, qui lui permet d'adopter un texte sans vote tout en s'exposant à une censure, et l'ordonnance budgétaire, régie par l'article 47 alinéa 3.