Le gouvernement veut "diviser quasiment par deux" le déficit de la Sécurité sociale et le ramener à "12 ou 13 milliards" en 2027, contre "22 milliards en 2026", déclare le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, ce mercredi, dans une interview au magazine Challenges. L'exécutif veut notamment économiser 5,5 milliards d'euros en freinant la "progression mécanique" des dépenses de retraites.
L'annonce vient d'être faite par Jean-Pierre Farandou, dans une interview à Challenges, publiée ce mercredi 30 septembre, à la veille de la présentation du projet de loi de finances de l'État et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 en Conseil des ministres. "Notre objectif est de freiner" la "progression mécanique" des dépenses de retraites, "afin d'économiser 5,5 milliards d'euros", explique le ministre du Travail, qui détaille les deux mesures que va porter l'exécutif pendant les débats budgétaires de l'automne.
"À ce stade, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoit une revalorisation totale" pour les pensions inférieures ou égales à "85% du Smic, soit 1.260 euros", indique Jean-Pierre Farandou. "Au-delà de ce seuil, la volonté du gouvernement est de réaliser 4,1 milliards d'économies". Autrement dit, les pensions supérieures à 85% Smic pourraient être plus ou moins augmentées, mais pas à hauteur de l'inflation. La copie "sera débattue et évoluera" lors de l'examen à l'Assemblée nationale et au Sénat, a-t-il cependant assuré, sans donner de détails sur les taux envisagés.
La loi prévoit normalement que les pensions de base soient revalorisées chaque année en suivant le niveau d'inflation de l'année précédente. À l'avenir, pour remplacer cette indexation automatique, "on pourrait même imaginer une bascule vers un système de négociation annuelle avec les partenaires sociaux, comme cela est fait pour les salaires", avance le ministre.
Outre cette sous-indexation, le reste des économies prévues sur les retraites serait réalisé via "une diminution du plafond de l'abattement de 10% sur l'impôt sur le revenu" dont bénéficient les retraités, "qui passerait de 4.439 à 3.000 euros", a précisé le ministre du Travail. "Cette mesure, dont les seuils sont à discuter, figure dans le projet de loi de finances et permettrait d'économiser 1,4 milliard. Mais là encore, je suis ouvert au débat" pour arriver à l'objectif d'économies fixé (5,5 milliards d'euros), a-t-il ajouté.
Au-delà des ajustements qui seront discutés, Jean-Pierre Farandou met en garde sur la situation future si aucune "mesure spécifique" n'était prise : "Le coût des retraites augmenterait d'environ 13 milliards d'euros l'année prochaine."
Interrogé sur les différentes propositions des candidats à l'élection présidentielle, le ministre estime que celles de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Marine Le Pen (Rassemblement national) - à savoir un retour à 60 ou 62 ans pour l'âge légal de départ en retraite - sont "démagogiques" et "coûteraient plusieurs dizaines de milliards d'euros par an". Quant à la volonté de Gabriel Attal (Renaissance) de supprimer l'âge légal, le ministre affirme que "sur le papier, c'est peut-être une bonne réforme, mais elle ne peut pas être réalisée à court terme".
Plus largement, outre les efforts envisagés sur les retraites, le gouvernement veut, au total, "diviser quasiment par deux" le déficit de la Sécurité sociale et le ramener à "12 ou 13 milliards" en 2027, contre "22 milliards en 2026".
(avec AFP)