Budget 2027: une "taxe sucre" envisagée par le gouvernement

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Le ministre du Commerce, des PME et du pouvoir d'achat, Serge Papin.
Le ministre du Commerce, des PME et du pouvoir d'achat, Serge Papin. AFP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 30 septembre 2026 à 12:13

Le ministre du Commerce, des PME et du pouvoir d'achat, Serge Papin, a indiqué ce mercredi sur LCI qu'une nouvelle taxe sur les produits sucrés faisait "partie des choses qui sont sur la table" du gouvernement dans le budget 2027 qui sera présenté jeudi 1er octobre. 

A la veille de la présentation des budgets (de l'Etat et de la Sécurité sociale) par le gouvernement ce jeudi 1er octobre, le ministre du Commerce, des PME et du pouvoir d'achat, Serge Papin, a indiqué sur LCI que la piste d'une taxe sur les produits sucrés faisait "partie des choses qui sont sur la table". "Je ne suis pas pour les taxes", a-t-il ajouté, mais il y a un "enjeu" sanitaire, car "il y a trop d'obésité, trop de diabète". 

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Selon Les Echos, cette taxe, qui sera incluse dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 que portera le gouvernement au Parlement, visera certains produits transformés à partir d'un certain seuil de sucre encore inconnu. Le gouvernement compte dégager ainsi 200 millions d'euros de recettes, d'après le quotidien, ce qui correspond au montant estimé par des députés Horizons et Ensemble pour la République dans un amendement sur le même sujet déposé à l'automne dernier.

"Je n'ai pas dit qu'il fallait forcément passer par les taxes", s'est défendu Serge Papin ce mercredi. Mais "aujourd'hui, un gamin de 9 ans a mangé autant de sucres (...) que son grand-père qui a vécu toute une vie", a argumenté le ministre du Commerce, des PME et du pouvoir d'achat.

Il existe déjà une taxe, dite "taxe soda"

L'idée de créer une telle taxe comportementale n'est pas nouvelle ; elle revient depuis plusieurs années à chaque examen budgétaire. Fin 2025, plusieurs amendements visant à "instaurer une taxe sur les sucres ajoutés dans les produits alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants âgés de un à trois ans" avaient été déposés sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), notamment par le député Les Démocrates Cyrille Isaac-Sibille (ici) et par la socialiste Sandrine Runel (ici), mais rejetés.

En mars 2026, dans le cadre de la journée réservée aux textes du groupe Les Démocrates, Cyrille Isaac-Sibille avait fait adopter une proposition de loi  "visant à interdire les sucres ajoutés dans les aliments destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge", qui n'a pas été, depuis, inscrite à l'ordre du jour du Sénat. 

Une partie du secteur agroalimentaire est vent debout contre cette "taxe sucre", à l'instar du président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania), Jean-François Loiseau, qui craignait mercredi sur RMC qu'à la fin, "ce sont les consommateurs qui vont payer". "Le gouvernement n'a pas d'autres idées que d'aller chercher encore une fois dans le pouvoir d'achat des consommateurs", a-t-il critiqué. Selon la radio, cette nouvelle mesure concernerait les produits contenant plus de 23% de sucre. 

Une fiscalité alimentaire incitative existe déjà aujourd'hui, mais elle est limitée aux boissons édulcorées et contenant des sucres ajoutés. Cette taxe a rapporté environ 800 millions d'euros en 2025, selon un rapport de la commission des Affaires sociales publié en juin 2026. Dans un rapport publié en 2025 visant à éclairer les débats budgétaires, l'Assurance maladie recommandait, elle, "la mise en place d'une taxe d'accise sur les produits excessivement gras, salés, sucrés et ultra-transformés".

(avec AFP)