La chroniqueuse Xenia Fedorova, qualifiée de "propagandiste" russe jusqu'au plus sommet de l'État, s'est vue notifier ce mercredi un arrêté d'expulsion ministériel. Celle qui intervient dans les médias du groupe Bolloré est accusée d'être "un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" dans le but "de déstabiliser l'ordre public" en France.
Un comportement qui "porte atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État". Tel est le motif de l'arrêté d'expulsion ministériel qui vise la chroniqueuse pro-russe Xenia Fedorova. "En déployant ses narratifs", l'ancienne patronne de Russia Today (RT) en France "s'inscrit comme un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes" dans le but "de déstabiliser l'ordre public", est-il stipulé dans l'arrêté du ministère de l'Intérieur cité ce mercredi 29 juillet par nos confères de Libération.
L'avocat de Xenia Federova, Me Emmanuel Piwnica, s'est exprimé à l'AFP pour indiquer que sa cliente allait "immédiatement former un recours". Les employeurs de Xenia Fedorova, Canal+ et Lagardère, ont pour leur part dénoncé le risque d'"une atteinte particulièrement grave à la liberté d’expression et au pluralisme des opinions".
Réputée proche de Vincent Bolloré, Xenia Fedorova intervient notamment sur CNews et Europe 1, et signe une chronique dans l'hebdomadaire JDNews. Une vive polémique avait été déclenchée fin mai après la révélation de la prolongation en 2024 et pour dix ans du titre de séjour de celle qu'Emmanuel Macron avait pourtant considéré comme étant au service de la "propagande d'Etat" russe.
"Enfin ! La France ordonne une mesure d’expulsion à l’encontre de Xenia Fedorova", a réagi le député socialiste Arthur Delaporte sur X. "Fini l’impunité pour les agents du Kremlin ayant pignon sur rue sur Cnews", s'est-il également félicité. Le 2 juin dernier, le renouvellement du titre de séjour de Xenia Fedorova avait fait l'objet d'une interpellation du gouvernement par le député, qui l'avait qualifiée d'"agent déstabilisateur", et avait demandé que soit lancée une procédure d'expulsion à son encontre.
Démentant toute intervention de ses services dans la procédure de renouvellement du titre de séjour de la chroniqueuse, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait argué que "les procédures de retrait et d'expulsion sont appliquées lorsque les conditions légales et réglementaires sont réunies".
"S'il faut interdire tous ceux qui font de la propagande avec des idées avec lesquelles on n'est pas d'accord, on va interdire beaucoup de monde", avait pour sa part estimé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, le 11 juin dernier à l'occasion d'une conférence de presse consacrée aux ingérences étrangères. Il avait toutefois évoqué une "ligne rouge" au maintien sur le territoire fançais de celle qu'il avait alors qualifié de "propagandiste", qui était de ne pas "porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation".