Ingérences étrangères: Sébastien Lecornu alerte contre des "perspectives de menaces lourdes sur l'élection présidentielle"

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Sébastien Lecornu, le 11 juin 2026
Sébastien Lecornu, le 11 juin 2026
par Raphaël Marchal, le Jeudi 11 juin 2026 à 19:33, mis à jour le Jeudi 11 juin 2026 à 19:35

Le Premier ministre a mis en garde contre le risque de "menaces lourdes" d'ingérences étrangères pesant sur l'élection présidentielle de 2027, lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi 11 juin. "L'ensemble de la classe politique" est concerné, a indiqué Sébastien Lecornu. 

C'est depuis les locaux du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), un service rattaché à Matignon, que Sébastien Lecornu a détaillé, ce jeudi, les moyens envisagés pour mieux lutter contre les ingérences étrangères. Le Premier ministre a mis en garde contre des "perspectives de menaces lourdes" pesant sur l'élection présidentielle qui aura lieu l'année prochaine, ainsi que sur les élections législatives qui suivront en cas de - probable - dissolution de l'Assemblée nationale après l'arrivée d'un nouveau président de la République à l'Élysée. Mais aussi sur les élections provinciales qui se tiendont dans deux semaines, le 28 juin, en Nouvelle-Calédonie, l'Outre-mer étant particulièrement ciblée par ce type d'opérations.

L'ensemble de la classe politique est potentiellement concerné, a affirmé Sébastien Lecornu en conférence de presse, après avoir reçu des représentants des différents partis à Matignon. "Il y en aura pour tout le monde", a résumé le chef du gouvernement. Le Premier ministre s'est notamment appuyé sur les analyses de ses services lors des dernières municipales, durant lesquelles le risque a été "significatif", sans toutefois revêtir "d'effet majeur". Au total, quatre opérations d'ingérences numériques étrangères, chacune étant subdivisée en de multiples actions malveillantes, ont été détectées, avec un faible cependant impact sur la campagne. Elles ont notamment visé des candidats de La France insoumise et le candidat d'Horizons à Paris, Pierre-Yves Bournazel.

Des propositions pour renforcer la lutte contre les ingérences 

Sébastien Lecornu a annoncé qu'il allait "prendre sa plume" et faire des propositions à l'ensemble des formations politiques, afin de renforcer l'arsenal de mesures destinées à lutter contre les ingérences étrangères. Le Premier ministre a d'ores et déjà évoqué quelques pistes, dont la création de "nouveaux référés" en période électorale, ces procédures d'urgence auprès de la justice. Ou le durcissement des peines prévues, jugées insuffisamment dissuasives dans le droit existant.

Le projet de loi contre les ingérences étrangères, annoncé par Emannuel Macron en avril, pourrait, en outre, trouver sa place à l'automne dans un calendrier parlementaire déjà bien chargé, a indiqué le locataire de Matignon.

Avant la réunion, La France insoumise avait dénoncé des tentatives d'ingérence contre plusieurs de ses candidats durant les élections municipales, ciblant spécifiquement  Israël. Si des traces numériques ont permis de remonter jusqu'à une entreprise privée israélienne, Sébastien Lecornu a précisé que le commanditaire exact ne pouvait être déterminé, en raison d'un risque de "mercenariat numérique". 

À l'avenir, "nous ne sommes pas à l'abri qu'un candidat décide d'activer un mercenariat numérique à l'étranger visant un autre candidat", a affirmé le Premier ministre. Tout en précisant que dès lors qu'un acteur étranger était impliqué, une telle opération relevait bien d'une ingérance étrangère.