Budget 2027: vers un gel partiel des pensions de retraites?

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Roland Lescure LCP 27/10/2025
Le ministre de l'Economie, Roland Lescure, à l'Assemblée nationale, le 27 octobre 2025 (© LCP)
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 17 août 2026 à 10:46, mis à jour le Lundi 17 août 2026 à 10:50

Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a rouvert l'hypothèse d'un gel partiel des pensions de retraite pour générer des économies dans le budget 2027. Mais cette piste est hautement sensible politiquement.

Alors que la séquence budgétaire se rapproche, puisque le projet de loi de finances sera présenté fin septembre par le gouvernement puis débattu au Parlement, la question des économies revient dans le débat public. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a rouvert jeudi l'hypothèse d'un gel partiel des pensions de retraite, une piste hautement sensible politiquement. Il estime, dans Libération, que "la question de la contribution des retraités aisés à l'effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d'être posée", à condition de "préserver les retraités les plus modestes".

Le mécanisme de sous-indexation consiste à revaloriser les pensions de retraite de base à un niveau inférieur à celui de l'inflation, contrairement à ce qui est normalement prévu dans la loi. Ce dispositif peut être ciblé sur les pensions de retraite les plus élevées.

Du fait de l'inflation, les pensions de retraite de base ont été revalorisées de quelque 15% entre janvier 2022 et janvier 2026. Ne pas en revaloriser une partie en 2027, alors que l'inflation en 2026 est attendue en hausse, proche de 2%, pourrait permettre d'importantes économies. "On est sur une mesure d’économie à 6 milliards d’euros avec la désindexation (totale, NDLR)", indique Philippe Juvin (Les Républicains), rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, au Parisien.

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Toucher aux retraites, un exercice périlleux

"Rien n’est décidé à ce stade. Ce qui est sûr, c’est qu’il faudra faire des efforts", a simplement commenté le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, dimanche dans le JDD. "Les efforts seront répartis entre les actifs, les retraités, les ménages et les entreprises, pour qu’ensemble nous empruntions une trajectoire de retour progressif à la maîtrise de nos comptes publics", a-t-il ajouté.

Selon Le Parisien, si un gel de l'ensemble des pensions de retraites semble exclu, un scénario avec trois taux différents est à l'étude : un gel total pour les plus riches, un taux intermédiaire pour une partie et une indexation normale pour les petites retraites.

Mais toucher aux retraites reste un exercice périlleux ; les budgets précédents l'ont montré. "L'année blanche" qui avait été annoncée par François Bayrou pour 2026, comprenant le gel des pensions et de plusieurs prestations sociales, avait contribué à la fragilisation de son gouvernement, finalement renversé après le rejet de sa demande de confiance par l'Assemblée nationale.

Même la proposition plus modérée du prédécesseur de François Bayrou, Michel Barnier, qui consistait en un report de six mois de la revalorisation des retraites, avait largement contribué à la fronde du RN et de la gauche qui avait conduit à la censure de son gouvernement.

Un effort ciblé, la solution ?

Le gouvernement de Sébastien Lecornu avait lui-même déjà tenté de geler ces pensions lors de sa proposition initiale de budget pour 2026 afin de dégager près de 3,6 milliards d'euros, mais la mesure n'avait pas été retenue par le Parlement.

L'idée d'un effort ciblé sur les retraités pourrait toutefois trouver un écho dans une partie de la gauche dans le cadre de l'élaboration du budget pour 2027 à la rentrée. Dans une tribune publiée jeudi par L'Opinion, le député socialiste Jérôme Guedj n'a pas fermé la porte à une sous-indexation, à condition qu'elle s'intègre dans un effort plus large ciblant également les héritages, les "niches sociales" des entreprises et les géants de l'intelligence artificielle.

"Ce n'est évidemment pas la solution", a pour sa part réagi sur RMC le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Éric Coquerel. Pour l'élu insoumis, "ce sont des recettes stupides qui ne règlent rien et qui, simplement, augmentent les problèmes".

Invité de BFMTV dimanche, l'ancien commissaire européen Thierry Breton a également jugé que cette mesure éventuelle était "une très mauvaise idée", car "il ne faut pas toucher aux retraités". Également opposé : le Rassemblement national. "Nos retraités ne sont pas une variable d’ajustement budgétaire !", dénonce sur X la députée Edwige Diaz. En décembre 2025, lors du précédent débat budgétaire, Marine Le Pen jugeait, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, que "la désindexation, c'est la violation de la loi !".

(avec AFP)