"La préparation du budget 2027 ne va pas être simple", prévient le ministre de l'Économie

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David Amiel et Roland Lescure à l'Assemblée nationale, le 16 juin 2026 (© LCP)
David Amiel et Roland Lescure à l'Assemblée nationale, le 16 juin 2026 (© LCP)
par Raphaël Marchal, le Vendredi 26 juin 2026 à 14:25, mis à jour le Vendredi 26 juin 2026 à 15:01

La préparation du budget 2027 risque de virer au casse-tête, a reconnu Roland Lescure, ce vendredi 26 juin, sur France Culture. Le ministre de l'Économie et des Finances a indiqué que le gouvernement n'avait pas l'intention de prévoir des hausses d'impôts dans son projet de loi de finances. "Ensuite, le débat parlementaire aura lieu."

"L'exécution [du budget] 2026, ça va être très compliqué." Invité de France Culture ce vendredi, le ministre de l'Économie et des Finances a reconnu que la situation budgétaire du pays n'était pas idéale. Loin de là. Roland Lescure était invité à réagir à la publication la veille d'un rapport de la Cour des compte, qui a décrit la situation des finances publiques comme étant "alarmante".

Les finances publiques sont exposées à un risque de "nouveau recul", dans un contexte où la France ne peut pourtant plus différer les ajustements nécessaires, sauf à voir s’éroder sa crédibilité vis-à-vis des acheteurs de sa dette", ont mis en garde les magistrats de la rue Cambon, rappelant que la France est le troisième pays le plus endetté de la zone euro après l’Italie et la Grèce. "La Cour des comptes a raison", a confirmé le locataire de Bercy.

La dette publique s’est en élevée à 3.460,5 milliards d'euros fin 2025, soit 115,7 points de PIB, un niveau inédit qui dépasse le précédent record observé en 2020. Rapport de la Cour des comptes

Avant d'affirmer qu'il souhaitait qu'on "fasse tout pour" pour tenir l'engagement de limiter le déficit public à 5 % cette année, comme le gouvernement s'y était engagé lors des discussions budgétaires. "On a déjà pris un certain nombre de mesures de gel de dépenses pour cette année", a rappelé Roland Lescure, indiquant que "tout le monde est mis à contribution". Sinon, a-t-il mis en garde, on risque de "se retrouver face à un vrai problème". "La soutenabilité de la dette [...] est essentielle. c'est mon rôle de s'assurer que la France dans son ensemble puisse continuer à financer ses politiques publiques et rembourser sa dette."

Le budget 2027, une équation complexe

Dans ces conditions, les yeux sont déjà tournés vers la préparation du budget pour 2027, année durant laquelle se tiendra l'élection présidentielle. "Ça ne va pas être simple", a résumé Roland Lescure. "J'espère que les partis qui nous ont aidés à passer un budget cette année - pour simplifier, des socialistes aux républicains [...] - sont capables de s'assoir ensemble" et de trouver un "consensus", notamment pour dégager des économies, "et ça se passera bien", a estimé le ministre. "Soit on présidentialise, on politise le budget 2027, et ça ne se passera pas bien."

S'il privilégie le compromis, Roland Lescure a rappelé que le gouvernement dispose de plusieurs options sur la table. Passer par des ordonnances - une option inédite qui comporte son lot d'incertitudes -, ou engager la responsabilité du gouvernement en recourant à un 49.3... "C'est un détail pour les Français", a estimé le ministre de l'Économie. "C'est important pour nous." Plus spécifiquement interrogé sur le recours au 49.3, Roland Lescure a rappelé que "si vous tombez, le budget n'est pas adopté". "Je préfèrerais sincèrement que la France ait un budget, quitte à ce que je tombe, plutôt que l'inverse."

Évoquant une autre solution, au moins provisoire, le ministre de Bercy a fait part de son aversion pour la loi spéciale, qui permet d'assurer le bon fonctionnement de l'État dans l'attente d'un budget, mais qui a "des impacts très concrets". "Par exemple, MaPrimeRénov', qui permet de rénover les logements contre la canicule, c'est gelé", a-t-il souligné. "La loi spéciale, c'est non. [...]  Pour le reste, tout va dépendre de la volonté collective des partis politiques qui se disent de gouvernement de contribuer à un débat plutôt apaisé, à un compromis qui ne sera forcément satisfaisant pour personne. [...] Et puis on passe à autre chose."

Pas de hausses d'impôts pour le gouvernement

Par ailleurs, Roland Lescure a donné quelques indications sur le contenu du futur projet de loi de finances. "On ne souhaite pas qu'il y ait des hausses d'impôts ou des impôts nouveaux", ni sur les entreprises, ni sur les ménages, a-t-il déclaré. "Ce n'est pas par pur dogmatisme. On a plus d'impôts en France que partout ailleurs dans le monde, à une ou deux exceptions près", a-t-il souligné, renvoyant à un vrai débat sur la fiscalité lors de l'élection présidentielle de 2027.

Le ministre a indiqué que le gouvernement souhaitait davantage "travailler sur les niches fiscales" dans le cadre des textes budgétaires. "Ça c'est un vrai sujet, il y en a des dizaines et des dizaines, qui sont très inefficaces, qui coûtent cher à l'administration fiscale", a précisé le ministre. Voilà pour les intentions de l'exécutif. "Ensuite, le débat parlementaire aura lieu", a-t-il conclu.