Le Crédit mutuel Alliance fédérale, qui comprend le réseau CIC, vient d'annoncer qu'il ne financerait pas de candidats à l'élection présidentielle. Les services de Matignon avaient évoqué mi-juillet la piste d'"un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l'État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement",
C'est la première banque à répondre à la proposition du gouvernement. Le Crédit mutuel Alliance fédérale, qui regroupe l'essentiel des caisses régionales du Crédit Mutuel et le réseau CIC, a indiqué ce jeudi qu'il ne financerait pas de candidats à l'élection présidentielle. Raison invoquée : les garanties apportées par l'État seraient à ce jour insuffisantes.
"Faute de garantie explicite votée par le Parlement, le groupe ne financera aucun candidat" à l'élection présidentielle, a déclaré jeudi le patron de la banque Daniel Baal, également président de la Fédération bancaire française (FBF), en marge de la présentation des résultats financiers du premier semestre.
Le cabinet du Premier ministre et des représentants des principales banques françaises avaient pourtant évoqué mi-juillet, lors d'une réunion à Matignon, la piste d'"un accord entre plusieurs banques, dans le cadre duquel l'État pourrait couvrir une partie du risque de non-recouvrement", indiquaient la semaine dernière les services du Premier ministre Sébastien Lecornu. L'objectif de Matignon était notamment de se prémunir contre d'éventuelles ingérences étrangères. La mesure pourrait être intégrée au projet de loi de finances pour 2027, qui sera débattu à l'automne au Parlement.
Le sujet est particulièrement crucial pour le Rassemblement national et sa candidate, Marine Le Pen, qui peinent à trouver un financement. En 2017, le RN avait contracté un prêt de 9 millions d'euros en Russie, avant de se tourner vers une banque hongroise en vue de la présidentielle de 2022.
Aujourd'hui, le RN est le parti le plus déficitaire, avec 8 millions de dette, ce qui fait dire à certains que l'initiative gouvernementale serait en fait destinée à aider plus spécifiquement le parti à la flamme. "Les macronistes (...) préfèrent visiblement aider le RN [plutôt] que les autres partis", s'est ainsi indignée sur X la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, le 29 juillet.
"Le vrai risque non assurable est celui de l'invalidation des comptes de campagne (...) qui peut toucher des candidats de premier plan", a pour sa part souligné Daniel Baal, sans citer explicitement le précédent de Nicolas Sarkozy en 2012, ni évoqué l'hypothèse d'un scénario similaire concernant Marine Le Pen.
"Il n'existe pas de droit au crédit", a aussi fait valoir le président de la FBF, tout en indiquant que "d'une manière générale, les banques françaises ont affiché leur volonté de participer à la bonne marche du pluralisme". Selon lui, l'élection présidentielle "revêt un caractère particulier, notamment par rapport aux montants de prêts élevés qui sont nécessaires pour le financement" d'une campagne.
Interrogée sur le sujet par l'AFP, la Banque postale et la Société Générale n'ont pas souhaité commenter. Les autres banques contactées, BNP Paribas, Crédit Agricole et le groupe BPCE, n'ont pas non plus répondu.
"En application des standards habituels de gestion des risques en matière d’octroi de crédits et de conformité, le groupe Société Générale ne finance pas les partis politiques depuis de nombreuses années", avait toutefois indiqué fin avril le groupe bancaire, ex-banque du Front national (désormais Rassemblement national) dont elle avait fermé les comptes fin 2017.
(Avec AFP)