Une pétition, mise en ligne mardi, atteint ce vendredi 330.000 signatures, afin de suspendre la chasse dans tous les massifs forestiers qui subissent des incendies durant la période estivale. Relais des revendications de plusieurs ONG environnementales, le texte réclame également la mise en place d'un "moratoire de 3 ans minimum".
"Derrière les arbres calcinés, il y a des survivants. Des animaux qui ont échappé aux flammes par miracle, épuisés, affamés, privés de leurs abris et de leurs points d'eau." Tel est le constat qui motive la pétition en ligne sur le site Change.org, visant à interdire la chasse dans tous les massifs forestiers venant de subir des incendies.
Son initiateur, Bruno Valentin, qui se présente comme un gérant de refuge pour animaux dans le Cantal, s'adresse directement au Premier ministre, Sébastien Lecornu. "La France brûle. De la majestueuse forêt de Fontainebleau, poumon vert mondialement connu et trésor de biodiversité, aux massifs de l’Aude et de l’Ardèche, nos forêts ne sont plus que des paysages de cendres", déplore-t-il, avant de juger "inadmissible que l'on autorise la traque là où la nature tente de renaître".
La pétition, qui s'appuie sur les revendications de plusieurs associations de protection animale et d'ONG environnementales, formule trois exigences. D'abord "l'interdiction totale" de toute forme de chasse dans les forêts qui auront subi des incendies au cours de l'été 2026. Elle demande également la mise en place d'"un périmètre de protection autour des zones brûlées pour permettre aux animaux de trouver refuge dans les parcelles épargnées sans être traqués".
Enfin, "un moratoire de 3 ans minimum, le temps nécessaire pour que la végétation se régénère et que les cycles de reproduction reprennent naturellement". Le texte implore le Premier ministre de ne pas être "le complice d'un second désastre" et de signer ce qu'il qualifie de "décret de trève".
À Fontainebleau, dans l'Aude, en Ardèche, Var et partout en France, la forêt a besoin de silence pour guérir. Elle a besoin de paix, pas de traque. Texte de la pétition
Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) a réagi auprès de La Dépêche du Midi, dénonçant une proposition "ridicule" et "idéologique". "On ne va pas aller tirer sur des populations d’animaux s’ils ont été mis à mal par les incendies", fait-il aussi valoir.
Cette demande de suspension des tirs s'appuie sur un article du Code de l'environnement, qui indique qu’"en cas de calamité" naturelle, tel qu'un incendie, le préfet peut "pour tout ou partie du département, suspendre l'exercice de la chasse soit à tout gibier, soit à certaines espèces de gibier".
Aussi, Matignon a fait savoir à l'AFP ce vendredi que les préfets confrontés aux incendies pourraient adapter le calendrier de la chasse. "Face aux feux de forêt qui touchent plusieurs départements et aux importants dégâts sur la faune sauvage, le gouvernement donne mandat aux préfets concernés, en lien étroit avec les fédérations départementales des chasseurs, d’apprécier au cas par cas, territoire par territoire, les adaptations nécessaires à apporter au calendrier de la chasse", indiquent en effet les services du Premier ministre.
En plus de celle portée par Bruno Valentin, une deuxième pétition a été mise en ligne, cette fois sur le portail dédié de l'Assemblée nationale, afin de "suspendre la chasse pendant l'été suite aux incendies". Elle n'a à cette heure pas dépassé les 3.000 signatures. Si elle franchissait un premier palier symbolique, celui des 100.000 signataires, cela permettrait sa mise en ligne directement sur le site de l'Assemblée nationale, lui octroyant plus de visibilité. Et c'est seulement si elle dépassait les 500.000 signatures, issues d'au moins 30 départements ou collectivités d'outre-mer, que la Conférence des présidents de l'Assemblée nationale pourrait décider d'organiser un débat dans l'hémicycle.