Le débat sur les "indexations automatiques" de certaines dépenses sur l'inflation devra avoir lieu, a estimé vendredi le ministre des Comptes publics, David Amiel. Il renforce ainsi la piste d'une "année blanche" pour faire des économies en 2027, dont le périmètre reste très incertain.
"Le débat sur les augmentations, les indexations automatiques indifférenciées, il faudra effectivement qu'on l'ait", a déclaré le ministre des Comptes public, David Amiel, ce vendredi 31 juillet sur Sud Radio, alors qu'il était notamment interrogé sur l'hypothèse d'une "année blanche" budgétaire en 2027 pour redresser les finances publiques. Parce qu'elles "se font au détriment d'autres investissements indispensables pour l'avenir", a-t-il ajouté.
À propos du projet de loi de finances, qui sera débattu à l'automne au Parlement, David Amiel a mis en garde contre toute forme "d'inaction". "Ce ne serait pas la stabilité, ce serait le décrochage", a lancé le ministre, qui appelle à "continuer de réduire le déficit", même si une élection présidentielle se tient en 2027. "C'est vital. (…) La France est assise sur un baril de poudre, il est urgent d'éteindre la mèche", a-t-il ajouté.
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La veille sur France Inter, son collègue de Bercy, Roland Lescure (Economie), avait répondu à une question sur le même thème en indiquant que le gouvernement allait "regarder ces histoires d'indexation à l'inflation", et que "c'est une manière efficace de faire des économies".
L'année blanche budgétaire consiste à reconduire à l'identique les montants des dépenses de l'année précédente sans les revaloriser au rythme de l'inflation (comme c'est le cas pour certaines prestations sociales ou pour les pensions de retraites). Cela peut également comprendre le gel du barème de l'impôt sur le revenu, car ne pas revaloriser les tranches en fonction de l'inflation procure des recettes supplémentaires avec notamment plus de contribuables assujettis à l'impôt.
Mais ni Roland Lescure, ni David Amiel n'ont précisé le périmètre d'une telle mesure, et par conséquent l'ampleur des économies que le gouvernement pourrait en espérer.
L'ex-Premier ministre François Bayrou avait proposé une année blanche lorsqu'il était à Matignon estimant qu'une telle mesure dans le budget 2026 aurait représenté quelque 7 milliards d'euros d'économies. Plus récemment, une mission d'économistes a remis un rapport au gouvernement pour un redressement massif des finances publiques, et évoqué cette piste qui, selon eux, ne "devrait pas être a priori exclue en 2027".
(Avec AFP)