Barbara Butch: l'ex-maire écologiste de Grenoble demande à Jean-Luc Mélenchon de prendre la parole

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Jean-Luc Mélenchon et Eric Piolle en juillet 2020
Jean-Luc Mélenchon et Eric Piolle en juillet 2020 (PHILIPPE DESMAZES / AFP)
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 29 juillet 2026 à 11:30

Dans une lettre ouverte parue dans Libération, mardi 28 juillet, l'ancien maire de Grenoble Éric Piolle somme Jean-Luc Mélenchon de condamner l'interruption du concert de Barbara Butch le 18 juillet dernier. Il estime cette prise de parole nécessaire afin de ne pas donner le sentiment "que ce qui s’est passé à Grenoble pourrait être l’illustration de ce qui se passerait en France si LFI accédait au pouvoir". 

"De la police politique." C'est ainsi qu'Éric Piolle qualifie l’interruption par des militants propalestiniens, en lien notamment avec l'appel au boycott soutenu par la section iséroise de La France insoumise, du concert de Barbara Butch qui s'est tenu à la mi-juillet à Grenoble, ville dont il a été maire de 2014 à 2026. Dans une lettre ouverte parue sur le site de Libération mardi 28 juillet, l'ancien édile demande à Jean-Luc Mélenchon de s'exprimer "clairement" sur la portée de cet événement.

Les militants présents lors du concert reprochaient à la DJ française sa participation en 2025 à un événement organisé à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, et d’avoir signé une tribune en faveur de la proposition de loi controversée de Caroline Yadan (Ensemble pour la République) visant à "lutter contre les nouvelles formes d’antisémitisme" – avant de prendre ses distances avec ce texte.

"Aujourd'hui, notre responsabilité est immense"

"Je te sollicite directement pour que tu t’exprimes clairement sur la portée de l’interruption du concert de Barbara Butch à Grenoble samedi 18 juillet", écrit Eric Piolle qui, s'adressant à Jean-Luc Mélenchon, rappelle l’alliance entre leurs partis respectifs durant ses deux mandats municipaux. Pour l'élu, "les désaccords politiques sont normaux, y compris avec des artistes. Mais ce n’est pas un appel au boycott qui a été fait à Grenoble. C’est de la police politique, violente".

L'ancien édile dénonce également "l'ingérence politique" des Insoumis "en appelant la mairie à la déprogrammation d'un festival qu'elle finance, mais ne programme pas".

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"L'épisode de samedi dernier à Grenoble, au concert de Barbara Butch, est un exemple cinglant des procédés qui pétrifient nos électeurs et confortent une très large part de l'électorat dans son rejet, déjà nourri des préjugés entretenus par de nombreux médias à ton égard", poursuit Éric Piolle, qui rappelle avoir lors d'échéances électorale passées apporté son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, parfois contre l'avis de son propre parti. "Aujourd'hui, notre responsabilité est immense", estime-t-il aussi, invitant le leader de La France insoumise à clarifier sa position pour ne pas donner le sentiment "que ce qui s’est passé à Grenoble pourrait être l’illustration de ce qui se passerait en France si LFI accédait au pouvoir". 

LFI "comprend" la protestation, mais condamne la violence

Au lendemain du concert de Barbara Butch, le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, avait dit "comprendre que cette position politique puisse générer une protestation" mais "à partir du moment où cette protestation est pacifique". La cheffe de file des Insoumis à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, avait pour sa part considéré qu'il n'était "pas neutre" d'avoir soutenu le texte de Caroline Yadan, "qui vise à criminaliser les voix palestiniennes", "et d'avoir été jouer à quelques kilomètres d'un génocide en août 2025", tout en condamnant "les insultes, les jets de projectiles, le cyberharcèlement d'une personnalité". 

Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI et candidat à la présidentielle de 2027, ne s'est pour l'instant pas exprimé personnellement sur le sujet, et n'a pas répondu à l'adresse de celui qui a été son allié.