Auditionnée par la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, ce mercredi 13 mai, la ministre de la Santé a rappelé que le risque d'une éventuelle épidémie liée à l'hantavirus était à ce jour maîtrisé. Stéphanie Rist a cependant assuré que le gouvernement se tenait prêt à affronter tous les scénarios, "même les inimaginables, même les pires".
Six ans après le Covid, le souvenir de la pandémie d'alors ressurgit avec les cas détectés d'Hantavirus parmi les passagers du bateau de croisière MV Hondius, parti d'Ushuaïa en Argentine. Ce mercredi, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a donc été auditionnée par les députés de la commission des affaires sociales pour faire le point sur l'état de préparation du système sanitaire français et sa capacité à répondre à la situation.
Stéphanie Rist a rappelé que l'hantavirus était connu depuis les années 1990, et que son taux de létalité concernant la souche andine, actuellement concernée, s'élevait à 32%. D'où la nécessité de prendre des mesures fortes et d'appliquer un principe de précaution pour, dès les premières heures, "briser la chaîne de transmission".
Les cinq Français qui ont voyagé sur le MV Hondius sont actuellement pris en charge à l'hôpital Bichat à Paris, a confirmé la ministre. A ceux-ci s'ajoutent les huit ressortissants ayant voyagé dans un premier avion que la néerlandaise décédée du virus a emprunté, et quatorze autres Francais ayant pris un deuxième avion dans lequel elle est montée. Soit vingt-deux personnes considérées comme des cas contact éventuels, et toutes actuellement hospitalisées. Il n'y a à cette heure qu'un seul "cas avéré" dans notre pays, s'agissant d'une femme ayant voyagé sur le bateau, et en ce moment prise en charge au sein du service de réanimation de Bichat.
"On a appris de la crise et de la dernière pandémie", a souligné Stéphanie Rist, qui a rappelé qu'un décret en date du 10 mai avait permis la publication d'arrêtés préfectoraux pour prendre des mesures d'isolement. D'une durée de 42 jours pour les cinq croisiéristes et les vingt-deux personnes potentiellement exposées, ces arrêtés peuvent être renouvelés tous les quatorze jours en fonction de l'état des connaissances scientifiques.
"Actuellement, il n'y a pas de circulation du virus", a aussi martelé la ministre. "Mais la responsabilité du gouvernement, c'est d'anticiper. Anticiper tous les scénarios, même les inimaginables et les pires", a-t-elle aussi pousuivi.
Interrogée par Thomas Ménagé (Rassemblement national) sur le volume de masques dont dispose la France, la ministre a indiqué que "le stock stratégique de l'Etat est suffisant pour protéger le pays pendant minimum trois mois en cas de vague épidémique". Stock stratégique auquel s'ajoute l'ensemble des stocks privés et publics. soit une capacité de production nationale "entre 2,6 et 3,5 milliards de masques par an".
"Cette capacité de production nationale est suffisante pour faire face à une pandémie type Covid 19, elle peut d'ailleurs être étendue si nécessaire", a précisé Stéphanie Rist. Une réponse également formulée à l'attention de Marine Le Pen, cette dernière ayant le matin même sur RTL, fait part de sa stupéfaction et qualifié de "plaisanterie" le fait que les stocks de masques soient en cours de reconstitution.
"Il n'y a aucune raison pour l'instant de porter un masque concernant ce virus", a en outre indiqué Stéphanie Rist, ajoutant que l'hantavirus était réputé moins contagieux que le Covid et que sa propagation s'exerçait par "des contacts rapprochés".
Sur la stratégie internationale et en premier lieu européenne, la ministre a indiqué que tout était mis en oeuvre afin que "la France pèse dans une stratégie qui est celle du principe de précaution". Elle a d'ailleurs annoncé qu'elle participerait dès cet après-midi à une réunion de coordination avec des représentants de l'Union européenne. A l'échelle nationale, une nouvelle réunion interministérielle pour faire le point sur le virus et ses implications se tiendra à 18 heures à Matignon.