Dans une allocution télévisée prononcée ce mardi 3 mars au soir, Emmanuel Macron a déclaré que les Etats-Unis et Israël avaient engagé des frappes contre l'Iran "en dehors du droit international", estimant cependant que "la République islamique d'Iran porte la responsabilité première" du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Le Président a annoncé les premiers rapatriements de ressortissants Français, ainsi que l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée.
La République islamique d'Iran "porte la responsabilité première" de la guerre lancée à son encontre par les Etats-Unis et Israël, a affirmé Emmanuel Macron lors d'une allocution télévisée prononcée depuis l'Elysée, ce mardi 3 mars à 20h. Le président de la République a pointé le choix du régime des mollahs - qui a donné "l'ordre de tirer sur son propre peuple" - de développer un "programme nucléaire dangereux" avec des "capacités balistiques inédites" et rappelé le soutien de Téhéran à des "groupes terroristes" au Liban, au Yémen, ou encore à des milices en Irak.
Les opérations militaires israélo-américaines ont pour autant "été conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver", a souligné Emmanuel Macron. "Il reste que l'histoire ne pleure jamais les bourreaux de leur peuple. Aucun ne sera regretté", a-t-il immédiatement ajouté. Avant d'appeler de ses vœux que le peuple iranien puisse "librement décider de son destin".
Sans s'attendre à une évolution positive de la situation au cours des prochains jours, le chef de l'Etat a appelé à la désescalade. "Avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, nous avons clairement dit qu’un arrêt au plus vite des frappes est souhaitable et qu’une paix durable dans la région ne se fera que par la reprise de négociations diplomatiques", a-t-il fait savoir.
"Ma responsabilité est d’agir pour protéger notre pays, garantir la sécurité de nos compatriotes et défendre l’intérêt national", a assuré Emmanuel Macron, qui a décidé de renforcer la sécurité des bases militaires et des ambassades françaises de la région, et de muscler le dispositif Sentinelle sur le territoire national.
Par ailleurs, la France est en train d'organiser le rapatriement de ses ressortissants qui le souhaitent "en commençant par les plus vulnérables". Deux premiers avions sont attendus à Paris ce soir, a indiqué le Président. "Je sais l'angoisse, l'impatience qui existent. (...) Les équipes sont pleinement mobilisées."
Par ailleurs, Emmanuel Macron a rappelé que la France est liée par des "engagements", avec ses alliés, citant notamment la Jordanie et l'Irak. De nouveaux moyens militaires de "défense" ont été déployés ces dernières heures, a-t-il précisé. Alors que Chypre, pays membre de l'Union européenne, a été frappé, des moyens de défense antiaérienne supplémentaires vont y être envoyés, ainsi que la frégate Languedoc.
Concernant le Liban, le Hezbollah "a commis la faute majeure de frapper Israël et de mettre les Libanais en danger", a déploré le chef de l'Etat. Il a toutefois mis en garde Israël contre la tentation de mener une opération terrestre chez son voisin. "Ce serait là aussi une escalade dangereuse et une erreur stratégique", a-t-il affirmé. "Le Hezbollah doit impérativement cesser toute frappe et j’appelle Israël à respecter le territoire libanais et son intégrité."
Enfin, le président de la République a souligné que la France devait défendre ses intérêts économiques, le commerce international et le prix de plusieurs matières premières à commencer par le gaz et le pétrole étant directement touchés par le conflit. "Nous sommes à l’initiative pour bâtir une coalition afin de réunir les moyens, y compris militaires, pour reprendre et sécuriser le trafic dans ses voies maritimes essentielles à l’économie mondiale", a expliqué Emmanuel Macron. Avant d'annoncer qu'il avait donné l’ordre d’envoyer le porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée, accompagné de ses "moyens aériens" et de son "escorte de frégates".