Interpellé par le député et coordinateur national de La France insoumise, Manuel Bompard, lors des Questions au gouvernement, l'exécutif réfute avoir "manipulé les services de renseignements" contre le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, contrairement à ce qu'affirme un article publié par Mediapart.
Après la publication lundi soir d'un article de Mediapart, dans lequel un membre du renseignement territorial affirme que consigne aurait été donnée de cibler La France insoumise, le député Manuel Bompard a interpellé le gouvernement ce mardi 20 octobre lors de la séance des questions au gouvernement.
"M. le Premier ministre, vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignement, comme l'a révélé Mediapart, pour accuser La France insoumise de violences", a lancé celui qui est aussi le coordinateur national de LFI.
"C'est faux !", a répondu dans la foulée le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, qui réfute avoir "manipulé les services de renseignements pour les diriger contre La France insoumise". "Les services de renseignements dans ce pays ne travaillent pas sur les partis politiques. Mais le trait d'union entre LFI et certains groupuscules est réel", a-t-il poursuivi, citant, sans le nommer, le cas de Raphaël Arnault – "Vous avez un député qui est membre de la Jeune garde dans vos rangs !".
Quelques minutes plus tard, c'est Sébastien Lecornu qui a dénoncé l'attitude de La France insoumise qui a "laissé à penser que la police de la République se livre à du renseignement politique". "C'est faux ! C'est faux depuis les années 1990 et vous le savez très bien. Il n'est pas besoin de mentir et de faire circuler de fausses informations", a lancé le Premier ministre.
"Il est impensable qu'un gouvernement puisse donner de pareilles instructions", a poursuivi Sébastien Lecornu, qui répondait, lui, à une question du député Marc Fesneau (Les Démocrates).
Ce lundi soir, Mediapart a publié une enquête dans laquelle il cite notamment un commissaire du renseignement territorial affirmant qu'il lui est demandé "texto d'écrire que c'est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT (renseignements territoriaux, NDLR)".