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Pouvoir d'achat : droite et gauche dénoncent "l'arnaque" du gouvernement

Devant la commission des finances de l'Assemblée, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin ont présenté le projet de loi de finances pour l'année prochaine. Le gouvernement revendique une hausse du pouvoir d'achat de 6 milliards d'euros, un chiffre balayé par l'opposition.

"La plus grande baisse d'impôt pour les ménages depuis 2008". Voilà l'ambition affichée par Gérald Darmanin, lundi, lors de la présentation du Budget 2019.

Le geste est a priori significatif pour le porte-monnaie des Français. Malgré la hausse de la fiscalité sur le diesel ou le tabac, le ministre de l'Action et des comptes publics est formel : l'exécutif va "rendre" aux Français 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat l'année prochaine.

Il met notamment en avant la nouvelle baisse de la taxe d'habitation, la suppression totale des cotisations chômage et vieillesse, l'exonération de CSG pour les 300 000 retraités dont le revenu fiscal de référence se situe "juste au-dessus" du seuil retenu, ou encore la suppression des cotisations sur les heures supplémentaires.

"Oublis" et "arnaque"

Pas convaincue du tout, l'opposition pointe de "singuliers oublis" dans la présentation du gouvernement. Éric Woerth (LR) dénonce par exemple la très faible revalorisation des retraites(+ 0,3%), ce qui, compte-tenu de l'inflation, fera perdre du pouvoir d'achat aux retraités :

"Vous n’indiquez pas la baisse de la désindexation des pensions, c'est de l'ordre de 3 milliards d'euros !"Éric Woerth, président de la commission des finances, le 24 septembre 2018

Dans un même élan, Éric Coquerel (LFI) voit "une arnaque" dans la "communication" du gouvernement. Il cite notamment l'étude de l'OFCE qui, au lieu de 6 milliards, évalue à à 3,5 milliards d'euros le gain net de pouvoir d'achat pour les ménages. Le député de Seine-Saint-Denis reproche au pouvoir de faire du réchauffé, puisque la baisse de la taxe d'habitation a été décidé... fin 2017. Le député LFI voit aussi dans les baisses de charges une façon de "prendre dans une poche des Français pour les mettre dans l'autre poche".

Gérald Darmanin refuse de rentrer dans ces considérations. Pour lui, si on devait prendre en compte la faible revalorisation des retraites, alors il faudrait aussi évoquer la revalorisation des autres prestations sociales, comme l'allocation de solidarité aux personnes âgées ou le reste à charge zéro pour les soins optiques et dentaires. Ce qui, in fine, permettrait de "retrouver" les 3 milliards d'euros évoqués par Éric Woerth...

Un premier tour de chauffe qui augure beaucoup d'autres débats chiffrés lors du marathon budgétaire qui démarrera dès le 9 octobre en commission.