Budget de l'Éducation: Édouard Geffray sous le feu des critiques lors d'une audition à l'Assemblée, avant les annonces de lundi

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Edouard Geffray, le 21 octobre 2026
Edouard Geffray, le 21 octobre 2026
par Maxence Kagni, le Mercredi 21 octobre 2026 à 21:05, mis à jour le Mercredi 21 octobre 2026 à 21:06

Le ministre de l'Education nationale, Edouard Geffray, a été auditonné par les députés de la commission des affaires culturelles, ce mercredi 21 octobre, sur les crédits alloués à son ministère dans le cadre du projet de loi de finances pour 2027. Il a rappelé que des mesures seraient annoncées lundi pour répondre à la mobilisation lycéenne, ce qui n'a pas empêché les critiques parfois virulentes.

C'est un budget qui a été présenté "sans préjudice des discussions qui auront lieu dans les prochains jours et les prochaines semaines". Ce mercredi après-midi, Edouard Geffray était auditionné par la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée nationale. 

Devant les députés, le ministre de l'Education a présenté les grandes lignes de son budget, tout en précisant que celui-ci était amené à évoluer dès lundi, puisque le gouvernement doit faire de premières annonces pour répondre aux revendications du mouvement lycéen. Plusieurs députés en ont profité pour critiquer le bilan des deux quinquennats d'Emmanuel Macron : une défiance qui s'est faite entendre jusque dans les rangs de l'ex-socle commun.

1588 postes d'enseignants pour l'instant supprimés

Le projet de loi de finances pour l'année 2027 prévoit 64 milliards d'euros pour l'enseignement scolaire, un budget en hausse de 1,2 milliard d'euros, a expliqué ce mercredi Edouard Geffray. Le ministre a rappelé qu'en l'état 1588 postes d'enseignants seront supprimés en 2027. 

Un chiffre à mettre en comparaison avec la chute du nombre d'enfants scolarisés : "Nous perdrons à la rentrée prochaine, pour l'ensemble du système éducatif, 180 000 élèves par rapport à cette rentrée-ci", a souligné le ministre. Entre 2018 et 2035, la perte sera même de 2,5 millions d'élèves sur un total de 12,3 millions au début de la période. 

Même si le nombre de postes d'enseignants supprimés pourrait être revu à la baisse dès lundi, Edouard Geffray n'a pas renié la logique qui avait prévalu au moment de construire le budget 2027 : "Si nous suivions la baisse démographique des élèves (...) nous serions amenés à proposer 9 600 suppressions de postes", a-t-il indiqué, disant vouloir "récupérer les dividendes de la démographie". Et de préciser que même avec 1588 enseignants en moins, "le taux d'encadrement s'améliorera[it] à tous les niveaux de la scolarité des élèves".

Par ailleurs, le ministre de l'Education nationale a affirmé qu'hors enseignants, 1804 postes supplémentaires seront créés, comprenant 1300 accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH), 200 conseillers principaux d'éducation (CPE), et 304 postes de personnels médico-sociaux. 

Un gouvernement "pétri de certitudes"

Le budget présenté par le ministre a été fraichement accueilli par les députés, la rapporteure pour avis Anne Genetet (Ensemble pour la République) proposant de "préserver les postes dont la suppression est envisagée", tout comme son collègue Laurent Croizier (Les Démocrates). 

"Votre discours m'a déprimée parce que ce que vous nous avez présenté est identique depuis dix ans", a réagi Frédérique Meunier (Droite républicaine), qui a fustigé un gouvernement "pétri de certitudes". "Ce qu'il se passe aujourd'hui avec les lycéens, on vous l'a annoncé depuis des années", a-t-elle ajouté, avant de conclure : "Vous êtes passés à côté de beaucoup de choses, dommage, vous auriez dû nous écouter un peu plus".

Sans surprise, les oppositions ont été beaucoup plus virulentes, Roger Chudeau (Rassemblement national) dénonçant, par exemple, le "naufrage éducatif de la décennie macroniste" et une "pâle copie technocratique hors sol". "C'est l'heure de vérité", a répété à plusieurs reprises le Paul Vannier (La France insoumise), appelant à "solder le terrible bilan de dix années de macronisme éducatif". L'élu, qui a dénoncé une "répression policière impitoyable" du mouvement lycéen, a demandé "10 milliards d'euros pour les lycées".

Florence Hérouin-Léautey (Socialiste) a, quant à elle, déploré "l'inertie" du gouvernement "face aux revendications du mouvement", Tandis qu'Alexis Corbière (Ecologiste et Social) a estimé que l'exécutif était dans une "stratégie de pourrissement". Le député a aussi critiqué un "mépris de la représentation parlementaire" consistant pour le gouvernement à faire des annonces lundi, quelques jours après l'audition d'Edouard Geffray devant la commission des affaires culturelles et de l'éducation.

Ce mercredi, lors de la séance des questions au gouvernement, Edouard Geffray a en effet expliqué qu'il allait réunir lundi les "représentants de la communauté éducative, ainsi que les régions et les lycéens, pour leur présenter une première série de décisions qui ont été prises".

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Ce "premier train de mesures" concernera les effectifs par classe au lycée, les remplacements de professeurs, la plateforme Parcoursup, ainsi que la question des emplois du temps, a précisé le ministre lors de son audition. Les mesures seront ensuite traduites en amendements par le gouvernement, qui les proposera au vote des députés dans le cadre du projet de loi de finances pour l'année 2027.