Droit à l'IVG: les femmes en proie à des difficultés d'accès, un "tabou" et des "pressions" qui persistent

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IVG manifestation
Manifestation féministe et banderole sur le "droit fondamental" à l'IVG - Illustration
par Soizic BONVARLET, le Lundi 28 septembre 2026 à 12:45

Alors que ce lundi 28 septembre est la Journée internationale pour le droit à l'avortement, le Planning familial publie son baromètre sur l'IVG en France, dressant le constat de "parcours semés d'obstacles", ainsi que d'un droit qui "reste marqué par les pressions et le tabou".

Alors que la France a été pionnière en faisant entrer le droit à l'IVG dans la Constitution le 8 mars 2024, le Planning familial souligne que "des obstacles importants" persistent en matière d'accès à ce droit. 

Dans son baromètre réalisé avec l'institut Kantar, l'association, qui milite historiquement pour le droit à la contraception et à l'avortement, relève notamment une tendance à l'allongement des délais de prise en charge, et des professionnels de santé qui pour moitié d'entre eux, refusent d'accompagner les femmes dans leur parcours.

Allongement des délais de prise en charge

Le baromètre révèle que "72 % des femmes ayant avorté dans un établissement de santé ont attendu plus de 7 jours pour obtenir leur rendez-vous, contre 54 % en 2024". De même, "une femme sur deux indique qu’un professionnel a refusé de l’accompagner pour l’intervention, contre 27 % en 2024", rallongeant de fait la durée du parcours de la personne concernée. Si l'enquête ne dit pas si le professionnel de santé a fait usage de sa clause de conscience spécifique à l’IVG, elle constate que "ces portes fermées constituent de véritables freins auxquels il faut s’attaquer concrètement, si l’objectif est de réellement améliorer l’accès à l’avortement".

L'association dénonce, par ailleurs, "une véritable fracture territoriale, avec un accès généralement plus difficile en zone rurale et éloignée des grandes villes, qui se double d'inégalités sociales pour les personnes disposant de moins de ressources ou de possibilités de déplacement".

Un "tabou" et des "pressions" qui perdurent

Si l'étude relève que "la parole autour de l’avortement semble davantage se libérer", 82 % des femmes qui ont avorté en ayant parlé avec leur famille (soit 19 points de plus qu’en 2024), elle souligne que le tabou en la matière est loin d'avoir disparu. Dans ses conclusions, l'étude met ainsi en évidence que "la peur du jugement et certaines formes de honte restent présents". Elle indique aussi que "l'avortement demeure notamment moins spontanément abordé que la contraception ou les infections sexuellement transmissibles".

Enfin, le Planning familial indique qu'"accéder à une information fiable est devenu un véritable parcours de combattant-e dans un environnement numérique saturé de contenus épars et de qualité inégale". Alors que l'association révèle que 42% des femmes ayant eu recours à l'IVG citent Internet comme source d'information, elle déplore que "les mouvements anti-choix" saturent l'espace numérique pour dissuader les femmes d'interrompre une grossesse. "Les pouvoirs publics doivent investir massivement dans de grandes campagnes d’information, renforcer le référencement des sites de référence et garantir un financement pérenne du Numéro Vert National", préconise le Planning familial, afin de lutter contre ces entraves au droit à l'avortement.