Budget 2027: les députés rejettent la réduction de l’abattement fiscal de 10% sur les retraites

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Charles de Courson, le 15 octobre 2026
Charles de Courson, le 15 octobre 2026
par Raphaël Marchal, le Jeudi 15 octobre 2026 à 11:58

L'Assemblée nationale s'est opposée ce jeudi 15 octobre au rabot de l'abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités, défendu par le gouvernement dans son projet de budget pour 2027.

"Indécent", "inadmissible"... L'Assemblée nationale s'est largement opposée à la réduction du plafond de l'abattement fiscal sur les retraites, ce jeudi 15 octobre, par 116 voix contre 30. La mesure figure dans le projet de budget du gouvernement, et doit rapporter 1,4 milliard d'euros. L'idée n'est pas de supprimer purement et simplement cet abattement fiscal dont bénéficient les retraités, mais de réduire à 3 000 euros le plafond de l'abattement de 10 % sur l'impôt sur le revenu, contre 4 439 euros aujourd'hui.

Arrêtons de tondre les Français. Kévin Mauvieux, député RN

"Cela va concerner 4,6 millions de foyer. C'est un couple à partir de 1 250 euros par mois par retraité", a fustigé l'élue socialiste Estelle Mercier. "Cela ne touche que les retraités modestes", a-t-elle ajouté. "Un retraité qui gagne moins d'un Smic est considéré comme aisé par la macronie", a cinglé Kévin Mauvieux (Rassemblement national).

Seuls les députés macronistes ont voté contre les amendements de suppression

"Il est inadmissible que le gouvernement souhaite opposer les générations entre elles. Les différences ne se font pas par l'âge. Elles se font par la classe, par les revenus", a abondé le député communiste Nicolas Sansu. "Ce qui est proposé n'est pas juste, car l'abattement fiscal n'est pas conjugalisé", a expliqué Charles de Courson (Liot), mettant en garde contre un "effet catastrophique sur les couples".

C'est un coup de poignard contre la jeunesse. David Amiel, ministre des Comptes publics

L'effort que nous demandons aux retraités [dans le cadre du projet de budget] est de 10 %, alors qu'ils représentent 25 % de la population", a défendu le ministre des Comptes publics, David Amiel. "À aucun moment nous ne stigmatisons les retraités. Depuis les années 70, le taux de pauvreté des retraités a été divisé par trois. celui des jeunes a été multiplié par trois", a-t-il soutenu, appelant à "arrêter cette machine infernale à broyer la jeunesse".

"On est loin de massacrer les retraités", a lui aussi estimé Jean-Paul Matteï (Les Démocrates), pointant un effort de 30 euros par mois pour un retraité avec une taxation marginale de 30 %. "C'est un petit effort de solidarité avec la nation." "On ne parle que des 20 à 25 % des retraités qui paient un impôt important", a lui aussi plaidé Jean-René Cazeneuve (Ensemble pour la République). Seuls les députés macronistes ont voté contre les amendements de suppression de l'article.

Ce vote des députés n'entérine pas pour autant la suppression du rabot prévu par le gouvernement. Seule la version finale de la loi déterminera si la mesure sera effectivement prévue en 2027. Le projet de budget comporte un autre effort demandé aux retraités : la désindexation de certaines pensions sur l’inflation. Au total, l'effort demandé aux retraités est de 5,5 milliards d’euros.