Lors du débat sur la loi "intégrale" contre les violences sexistes et sexuelles, Émilie Bonnivard, députée de la Droite républicaine, a dénoncé la relaxe d’un homme qu’elle accuse de l’avoir menacée de viol et de mort, ainsi que ses collaboratrices. Évoquant une décision "d’une violence incroyable", la députée a plaidé pour une meilleure formation des juges.
Le débat sur la loi intégrale à l'Assemblée nationale prend par moment une dimension personnelle. Ce vendredi soir, la députée Emilie Bonnivard (groupe Droite républicaine) a apporté un témoignage pour éclairer les débats. "Excusez-moi, mais là, pour moi, il est important de vous donner quelques éléments dans le cadre de ce qu’on appelle la victimisation secondaire", a-t-elle commencé à expliquer. La "victimisation secondaire" est la souffrance subie non du fait d'une infraction en soi, mais de la réponse apportée par l'institution judiciaire.
La députée a annoncé qu’un homme contre lequel elle avait porté plainte un an auparavant venait, selon elle, d’être relaxé. "Pendant des mois, on a reçu des menaces de mort, de viol", a-t-elle raconté, évoquant des faits visant aussi ses collaboratrices. "Il a appelé en pleine nuit ma collaboratrice avec un VPN en lui disant qu'il allait l'égorger"
Pour illustrer la gravité de la situation, l’élue a décrit les mesures de protection dont elle avait bénéficié: "J’ai même eu un bouton d’urgence de la préfète", ainsi que des passages d’un gendarme autour de sa permanence.
Elle a également raconté un appel menaçant reçu en pleine nuit par une collaboratrice, qui l’avait conduite à alerter les gendarmes. "La justice de notre pays a estimé que ce n’était pas très grave", a dénoncé la parlementaire de Savoie. Sans en préciser les motifs, Emilie Bonnivard a donc précisé que l'homme a été relaxé dans le cadre de ces poursuites.
L’élue a annoncé son intention de faire appel mais a souligné les conséquences d’une telle décision pour les plaignantes. "Quand une décision de justice n’est pas à la hauteur (...) c’est d’une violence incroyable", a-t-elle déclaré, parlant pour elle, ses collaboratrices et "toutes les femmes qui le vivent". Elle a insisté sur la nécessité d’adopter le texte et de former les juges.
Cette intervention s'inscrit dans la discussion de l’amendement 904 à l’article 11, consacré à l’encadrement des confrontations entre victimes et personnes soupçonnées. Depuis ce jeudi, la loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles est examinée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. À plusieurs reprises, les débats ont été marqués par les témoignages d’élus évoquant des épisodes douloureux de leur histoire personnelle.