"Qu'attendons-nous pour reconnaître le cancer du sein comme maladie professionnelle ?", a questionné Danielle Simonnet ce mercredi 7 octobre, au cours d'une audition à l'Assemblée nationale. Selon la députée du groupe Écologiste et social, nombre d'études ont prouvé l'origine professionnelle de la survenue de cette pathologie.
Le plus meurtrier des cancers chez la femme, avec près de 13 000 décès annuels en France, doit-il être reconnu d'office comme maladie professionnelle ? Pour Danielle Simonnet, cela ne fait pas de doute. "Nombre d'études ont prouvé l'origine professionnelle multifactorielle [du cancer du sein]", a assuré la députée du groupe Écologiste et social, au cours d'une audition sur le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027.
Travail de nuit, rayonnements ionisants, expositions chimiques comme les pesticides et les produits d'entretien, troubles musculo-squelettiques, risques psychociaux.... Autant de facteurs qui pourraient avoir un lien direct avec une partie des cancers du sein. Or, aujourd'hui, pour qu'un cancer soit reconnu comme maladie professionnelle et indemnisé, une femme doit prouver que son activité a joué un rôle majeur dans son déclenchement.
Et faire reconnaître l'origine professionnelle d'un cancer du sein peut vite s'apparenter à un parcours du combattant, car il est absent de la liste des pathologies pour lesquelles le lien avec une profession est présumé.
L'inscription dans un tableau des maladies professionnelles, défini avec les organismes paritaires, ouvrirait droit à une indemnisation forfaitaire, sous conditions. Aujourd'hui, chaque femme doit prouver en justice le lien "direct et essentiel" entre sa maladie et son travail.
"La réactualisation et la création de nouveaux tableaux dépendent du compromis social. Mais le Medef [l'organisation patronale] freine des quatre fers. Allez-vous cesser de freiner avec eux ?", a demandé Danielle Simonnet aux représentants du gouvernement. "Il y a un processus, il faut passer par le processus. On peut faire des choses, mais cela demande un travail paritaire", lui a répondu le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, qui arborait un ruban rose au revers de son veston - le symbole de lutte contre le cancer du sein particulièrement répandu dans le cadre de l'opération "Octobre rose".