Commission d'enquête sur le 17 octobre: après le boycott du RN, une rapporteure de l'instance annonce se mettre "en retrait"

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La députée Agnès-Firmin-Le Bodo (Horizons)
La députée Agnès-Firmin-Le Bodo (Horizons). Capture d'écran
par Raphaël MarchalElsa Mondin-Gava, le Vendredi 23 octobre 2026 à 12:21, mis à jour le Vendredi 23 octobre 2026 à 14:08

La députée Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) a annoncé, ce vendredi 23 octobre, se mettre "en retrait" de la commission d'enquête sur le 17 octobre, inquiète de la "crédibilité" des travaux alors que le Rassemblement national, qui n'a pas obtenu l'un des trois postes de rapporteur, a décidé de boycotter l'instance. "On ne peut pas travailler sans une partie de l'Assemblée nationale", estime-t-elle. 

Après une création éclair à l'initiative de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, la commission d'enquête sur les violences du 17 octobre et la gestion du maintien de l'ordre lors de ces événements, connaît des débuts poussifs. Alors que mercredi, le Rassemblement national, qui n'a pas réussi à décrocher l'un des trois postes de rapporteur, a décidé de boycotter les travaux de l'instance, la députée Agnès Firmin Le Bodo (Horizons) - qui, elle, a été élue rapporteure - a annoncé ce vendredi se mettre en "retrait" de la commission d'enquête.

"Je ne quitte pas le navire je me mets en retrait le temps qu'on puisse trouver une solution. On ne peut pas travailler sans une partie de l'Assemblée nationale", estime l'élue du parti d'Édouard Philippe, qui a fait part de sa décision au président de la commission des lois, Vincent Caure. qui préside également la commission d'enquête. L'ex-ministre de la Santé explique son choix le résultat de l'élection des trois rapporteurs de la commission d'enquête.

Alors qu'il avait été décidé de nommer trois rapporteurs, afin que de respecter les équilibres politiques de l'Assemblée nationale, les votes à bulletin secret organisés pour répartir ces postes ont finalement abouti à la désigner, outre Agnès Firmin Le Bodo, deux députés de gauche, Roger Vicot (Socialistes) et Pouria Amirshahi (Écologiste et Social). Le Rassemblement national, premier groupe du Palais-Bourbon en nombre de députés, n'a donc pas obtenu de poste de rapporteur. Une situation qui a provoqué l'ire de Michaël Taverne, qui était le candidat du RN, et le boycott annoncé par Marine Le Pen. 

Un enjeu de "crédibilité"

"C'est l'enjeu de la crédibilité de nos travaux qui m'importe", insiste Agnès Firmin Le Bodo auprès de l'AFP, considérant que ce n'est pas en permettant au RN "de se victimiser qu'on va le combattre". Vincent Caure, le président de la commission d'enquête, favorable lui aussi à une solution à trois rapporteurs représentant la gauche, le bloc central et l'alliance RN-UDR, a annoncé qu'il consulterait en cette fin de semaine et lundi les différents groupes politiques, pour tenter de trouver une solution.

"J’échangerai dans les prochains jours avec les différents groupes pour garantir à chaque sensibilité politique la plus juste représentation. Les Français ne comprendraient pas qu’en raison de querelles partisanes les travaux de la commission d’enquête ne puissent pas débuter", a indiqué le député Ensemble pour la République, dans un communiqué dévoilé ce vendredi. "J’appelle chacun à la responsabilité."

Contacté par LCP, Pouria Amirshahi juge, pour sa part, que la décision d'Agnès Firmin Le Bodo n'entrave pas le début des travaux de la commission d'enquête. "C’est son choix. La commission doit désormais commencer son travail, c’est une obligation constitutionnelle", estime le député du groupe Écologiste et social.

(Raphaël Marchal avec AFP)