Le gouvernement pourrait annoncer en début de semaine un "coup de pouce" au Smic, en plus de sa revalorisation automatique sur l'inflation. Cela n'a plus été le cas depuis quatorze ans et l'arrivée de François Hollande à l'Elysée. Il avait alors été de 0,6%.
Le gouvernement, qui reçoit ce lundi syndicats et patronat, annoncera-t-il un coup de pouce au Smic ? Si le salaire minimum connaît des évolutions automatiques en fonction du niveau de l'inflation, il n'a pas bénéficié d'une hausse supplémentaire depuis 2012 et l'arrivée de François Hollande à l'Elysée. A l'époque, le candidat socialiste – vainqueur face à Nicolas Sarkozy au second tour de l'élection présidentielle – en avait fait une promesse de campagne.
Sur RTL le 17 avril 2021, soit quelques jours seulement avant le premier tour du scrutin, François Hollande affirme qu'en cas de victoire, il y aura "une concertation avec les partenaires sociaux" pour "regarder, au-delà de l'indexation sur les prix, ce qu'il sera possible de faire", expliquait le candidat socialiste, qui rappelait que "le Smic n'a pas reçu de coup de pouce depuis au moins trois ans". Le 2 mai, lors du débat d'entre-deux-tours face au président sortant, il déclare : "Le Smic sera indexé non seulement sur les prix, mais sur une part de la croissance. Chaque fois que la croissance s'élèvera, le Smic sera réajusté. Le coup de pouce sur le Smic sera donc fonction de la croissance."
Le 6 mai, François Hollande l'emporte et accède à l'Elysée. Invité du 20 Heures de France 2 le 29 mai, le nouveau chef de l'Etat confirme que "oui, il y aura un coup de pouce" sur le Smic, sans toutefois préciser le montant de cette hausse. "Le chemin d'équilibre, c'est de permettre à ces salariés qui sont payés au Smic (...) d'avoir un coup de pouce et en même temps de ne rien faire qui puisse déséquilibrer notamment les petites et moyennes entreprises", déclare-t-il seulement, renvoyant aux concertations à venir. Quelques jours plus tôt, son ministre du Travail, Michel Sapin, avait jugé cette mesure "légitime", tout en excluant une forte hausse du Smic.
C'est finalement le 26 juin que l'annonce avait été faite, par Michel Sapin. Le montant de la hausse ? 2%, soit 21,50 euros net par mois, et moins qu'attendu par les syndicats. Mais "le coup de pouce se limite à 0,6%", écrit à l'époque Le Monde, puisque l'autre 1,4% "est destiné à prendre en compte en avance l'inflation intervenue depuis la dernière revalorisation". "Il faut le comparer avec les derniers coups de pouce pour en mesurer la portée : 0,3% en 2006 et 2001, 0,46% en 1998. Il faut donc remonter à 1997 pour trouver un coup de pouce supérieur !", avait alors défendu le ministre.
En juillet 2012, le Smic atteignait donc 1.425,67 euros brut par mois. Il est aujourd'hui de 1.867,02 euros brut (et 1.477,93 euros net). Sur TF1 ce vendredi, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a jugé "important " d'essayer de "franchir la barre" des 1.500 euros net. Ce qui supposerait une hausse d'au moins 1,49%, et donc d'annoncer un coup de pouce de 0,5% à 0,6% minimum en plus de la revalorisation automatique du 1er janvier, selon Les Echos.
Moins, encore une fois, de ce que souhaitent les organisations syndicales. La CFDT demande 100 euros de hausse du Smic net et la CGT 10 %, soit environ 150 euros.