Lisnard, Knafo, Ciotti, Kasbarian: qui sont les émules de Javier Milei en France?

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Le président argentin Javier Milei armé d'une tronçonneuse
Le président argentin Javier Milei armé d'une tronçonneuse. Illustration
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 30 septembre 2026 à 18:35, mis à jour le Mercredi 30 septembre 2026 à 19:23

Le président argentin, Javier Milei, inaugure ce mercredi une visite de trois jours en France. Si le dirigeant ultra-libéral s'avère particulièrement clivant, sa politique est vantée par certaines personnalités politiques françaises, parmi lesquelles des candidats à l'élection présidentielle.

Un personnage qui fascine presque autant qu'il horripile... Si Javier Milei est à maints égards l'épouvantail de la gauche française, il est parfois cité comme une source d'inspiration par une droite très libérale, voire par des représentants du bloc dit central.

David Lisnard, Sarah Knafo, Guillaume Kasbarian, Eric Ciotti, ils ont tous vanté un jour ou l'autre la politique de celui qui préside l'Argentine depuis décembre 2023. Assumant du même coup, des positions ultra-libérales, voire libertariennes, à contre-courant d'un État français qui s'est en partie construit sur un modèle colbertiste et redistributif. 

Remède au socialisme

"Milei, il réussit", avait estimé Éric Ciotti en mai 2025. Celui qui porte aux nues la politique du "Trump de la Pampa", avait alors considéré que "ce qu'il a fait en Argentine est extraordinaire, il a réduit les déficits de façon considérable parce qu'il a réduit les dépenses, ce qui a nourri une croissance beaucoup plus forte pour l'Argentine". 

Dans son ouvrage paru ce mois-ci, Le casse du siècle, Sarah Knafo promeut également le modèle incarné par Milei. Appelant à "dépenser moins pour taxer moins" et à réduire drastiquement le nombre de fonctionnaires, l'ancienne candidate à la mairie de Paris avait estimé en octobre 2025 qu'"avec Milei, les Argentins ont goûté à la liberté, et ils en redemandent". "Quand les Français pourront enfin jouir du fruit de leur travail, sans que l’État le leur vole, plus personne ne voudra entendre parler du socialisme dans notre pays", avait-elle aussi jugé après avoir évoqué le "triomphe" de l'Argentine dirigée par Milei.

"¡La libertad avanza! Felicidades, presidente Javier Milei". Tel avait été le message adressé par le député Ensemble pour la République Guillaume Kasbarian sur X, après la victoire du camp du président argentin lors des élections législatives de mi-mandat, en novembre 2025. Ex-ministre de la Fonction publique et proche de Gabriel Attal, l'élu a assumé à plusieurs reprises de "regarder ce que fait Milei", évoquant "une vraie expérience libérale", et estimant que "ceux qui devraient avoir honte sont ceux qui défendent Chávez, Castro et les dictatures communistes d’Amérique latine".

Leçons d'Argentine

Mais le plus grand supporter de Milei au pays des Lumières est sans doute David Lisnard. En janvier 2026, il avait été à l'origine d'une tribune intitulée "Leçons d'Argentine". Le candidat à l'élection présidentielle y louait la "rupture libérale" incarnée par l'homme à la tronçonneuse, et les résultats qu'elle avait selon lui produit.

Vantant son action reposant sur une "diminution de 35 % de la dépense fédérale, réduction de moitié du nombre de ministères, dérégulation massive, suppression de centaines de normes, fin des subventions inefficaces, recentrage de l’État sur ses fonctions essentielles", le maire de Cannes appelait à s'en inspirer. Il estimait en effet que la France présentait les mêmes "symptômes" que l'Argentine d'avant Milei, et qu'il était possible de "briser cette spirale infernale de l’interventionnisme, de l’étatisme et de l’égalitarisme en faisant le choix de la liberté". Une liberté économique qui chez Milei, n'a pas d'équivalent sur le plan sociétal. Alors que l'IVG a été autorisée en Argentine trois ans avant qu'il n'accède au pouvoir, il a déclaré en août dernier que l'avortement revenait à "assassiner des enfants dans le ventre de leur mère", provoquant une levée de boucliers des "foulards verts", militantes féministes engagées pour le droit des femmes à disposer de leur corps.

La politique menée par Javier Milei porte une vision cohérente à travers la condamnation du wokisme, de l’étatisme, du collectivisme et de l’égalitarisme qui sont intrinsèquement liés et partagent une matrice commune. David Lisnard

Si Bruno Retailleau est lui aussi conservateur sur le plan des moeurs et libéral en matière d'économie, ce sont plutôt ses adversaires qui le comparent au président argentin. Lors du débat organisé par le Medef, le 5 septembre dernier entre sept candidats à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon avait notamment accusé le président de LR de "jouer le rôle de M. Milei en supprimant tout", manière de critiquer sa propension à s'opposer à l'État social, en réduisant notamment drastiquement impôts et cotisations.

Durant son séjour en France, le président argentin va tenter d'attirer des capitaux étrangers afin de relancer une croissance qui subit le contrecoup de trois années d'austérité. Alors qu'en Argentine, la pauvreté est repartie à la hausse (elle touche 32,3 % de la population au premier semestre 2026, contre 28,2 % six mois plus tôt), ses plus ardents défenseurs semblent pour l'heure se faire plus discrets.