Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé jeudi soir sur France 2 que le gouvernement renonçait finalement à faire payer des frais d'inscription en classes préparatoires aux grandes écoles et en BTS aux étudiants non boursiers, sur fond de mobilisation lycéenne. Cette mesure figurait dans le projet de budget 2027 présenté le matin même.
Présentée le matin, retirée le soir. Une mesure du projet de budget 2027 a déjà été écartée par le gouvernement ce jeudi 1er octobre. L'exécutif prévoyait de faire payer 178 euros de droits annuels en BTS et 270 euros pour ceux en classes préparatoires aux grandes écoles, pour les étudiants non boursiers. Cette disposition avait été perçue comme une provocation par de nombreux élus de gauche, en plein durcissement de la contestation lycéenne.
"Le gouvernement prendra l'initiative de la retirer", "après des discussions avec les syndicats et le Premier ministre", a annoncé Édouard Geffray, le ministre de l'Éducation nationale, invité du journal de 20 heures sur France 2. Le gouvernement avait invoqué l'équité pour défendre cette mesure contestée. "La gratuité actuelle s'applique uniformément, sans considération des ressources des étudiants, alors que le régime des droits d'inscription à l'université tient compte de la situation de chacun", avait-il fait valoir. Sans éteindre les critiques.
"Alors que nos lycées sont en feu au sens propre comme figuré malheureusement, le budget contient une provocation supplémentaire", avait dénoncé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet. "J'ai envie de demander : est-ce que M. Lecornu est un pyromane ?". Jean-Luc Mélenchon avait lui aussi vivement réagi. "Le gouvernement provoque la jeunesse étudiante", avait écrit sur X le leader insoumis, candidat à la présidentielle. Selon lui, Sébastien Lecornu "choisit le moment de la mobilisation des jeunes des lycées et des universités pour aggraver l'injustice sociale dans les études".
"C'est une proposition qui était inscrite dans le projet de loi de finances qui normalement est discuté au Parlement, et le Parlement ensuite peut retirer, ajouter, modifier, etc.", a rappelé Édouard Geffray jeudi. "Le gouvernement prendra l'initiative de la retirer mais normalement dans un débat démocratique, ça se décide au Parlement", a-t-il ajouté.
(Avec AFP)