Mobilisation lycéenne: devant les députés, Laurent Nuñez nie toute "répression policière"

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Laurent Nunez, le 7 octobre 2026
Laurent Nunez, le 7 octobre 2026. LCP
par Maxence Kagni, le Mercredi 7 octobre 2026 à 18:50

Auditionné par la commission des lois de l'Assemblée nationale, ce mercredi 7 octobre, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a défendu sa doctrine en matière de maintien de l'ordre dans le cadre de la mobilisation lycéenne, mettant en avant des consignes de "proportionnalité".

Laurent Nuñez avait promis de "rendre des comptes" devant les parlementaires : ce mercredi, le ministre de l'Intérieur a répondu pendant près de deux heures aux députés de la commission des lois, dans une ambiance relativement apaisée.

Niant toute "répression policière", le ministre a défendu sa doctrine en matière de maintien de l'ordre face à la mobilisation lycéenne, répétant à plusieurs reprises qu'il avait donné des consignes de "proportionnalité" aux forces de l'ordre. 

6629 interpellations

Laurent Nuñez a profité de son audition pour présenter un bilan chiffré : "Hier soir, nous étions à 6629 interpellations", a expliqué le ministre. Depuis le début du mouvement lycéen et jusqu'à aujourd'hui, 761 policiers et gendarmes, 215 élèves et 89 personnels de l'Éducation nationale ont été blessés. "Pour les élèves, dans la très grande majorité des cas, les blessures sont accidentelles [ou dues à des] jets de projectiles ou de mortiers par d'autres manifestants", a précisé le ministre. 

Réagissant au drame de Lens, où un adolescent de 15 ans a eu une main arrachée, Laurent Nuñez avait annoncé dans la matinée qu'il suspendait, dans le cadre du mouvement lycéen, l'usage des grenades assourdissantes, en cause dans ce drame. "L'atteinte à l'intégrité physique est très grave, j'ai vraiment une pensée pour ce jeune homme, pour sa famille, comme pour tous les blessés", a-t-il déclaré. 

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En revanche, les autres armes intermédiaires, comme les lanceurs de balles de défense (LBD), restent dans l'arsenal pouvant être utilisé par les forces de l'ordre : "[Ces armes] sont absolument indispensables quand les policiers, les gendarmes, ont en face d'eux une violence extrême, cela permet de maintenir à distance, de graduer la réponse", a expliqué le ministre. 

Une consigne de "proportionnalité"

Selon Laurent Nuñez, le mouvement lycéen est "inédit" : "Il a basculé assez rapidement dans des violences graves", a affirmé le locataire de la place Beauvau, qui a évoqué des "violences urbaines" qui ont pu toucher "les personnels de l'Éducation nationale". Pour autant, le ministre a nié avoir donné des consignes de "non retenue" aux forces de l'ordre.

"J'ai dit qu'il n'y avait pas de retenue dans le principe d'une intervention, en revanche, quand il y a intervention, on applique la proportionnalité de l'action", a indiqué Laurent Nuñez devant les députés. "Quand il y a des violences et des dégradations, nous intervenons", a ajouté le ministre, qui affirme avoir donné des "instructions très claires". 

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Laurent Nuñez a donc nié toute "répression policière" du mouvement lycéen : "Il n'y a pas d'intervention des forces de sécurité intérieure face à des lycéens qui manifestent pacifiquement", a-t-il souligné. Interpellé par des députés de La France insoumise, le ministre a affirmé qu'il n'y avait pas non plus de policiers en civil "qui incitent à la commission de violences" : "Ça n'existe pas !", a-t-il martelé.

"Les policiers et les gendarmes engagés dans le cadre de ce mouvement le font d'abord pour protéger les lycéens", a aussi expliqué le ministre, faisant état de 18 saisines de l'IGPN. Invité à démissionner par le député Benjamin Lucas-Lundy (Écologiste et Social), Laurent Nuñez a affirmé qu'il resterait en place : "Moi je ne quitte pas le navire."

LFI au centre de l'attention

Les interventions des groupes politiques ont souvent porté sur le rôle, réel ou supposé, de La France insoumise dans le mouvement lycéen, Élisabeth de Maistre (Droite républicaine) accusant "l'ultragauche" de "tendre un mortier" à la jeunesse, Sylvain Berrios (Horizons) dénonçant la "mélenchonisation du mouvement", ou encore Yoann Gillet (Rassemblement national) qualifiant les députés LFI de "terroristes".

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Sophie Ricourt Vaginay (Union des droites pour la République) a, quant à elle, demandé au ministre de l'Intérieur s'il allait "faire révoquer" le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Une hypothèse écartée par Laurent Nuñez, qui a toutefois expliqué que la justice était saisie à chaque fois qu'il existait "des accroches pénales" à l'encontre d'un élu.