Jordan Bardella était présent à la réunion de groupe des députés du Rassemblement national à l'Assemblée nationale, ce mardi 29 septembre, au lendemain de la publication par Mediapart d'écrits antisémites attribués au président du parti. Au côté de Marine Le Pen, Jordan Bardella a dénoncé les "prémices d'une guerre totale" contre sa formation politique et des "tentatives de déstabilisation de la campagne présidentielle".
C'est sous les applaudissements nourris des députés du Rassemblement national que Jordan Bardella s'est installé au côté de Marine Le Pen, ce mardi matin, dans une salle de l'Assemblée nationale. Sauf exception, la réunion hebdomadaire des élus du RN et de l'UDR se déroule à huis clos ; mais au lendemain des élections sénatoriales, le parti qui avait décidé de communiquer sur ses bons résultats lors de cette réunion, en a aussi profité pour serrer les rangs devant les médias après les révélations concernant Jordan Bardella publiées par Mediapart.
Jordan Bardella l'a martelé, une fois encore : les écrits antisémites que lui attribue le média d'investigation, alors qu'il était encore un jeune militant du Front national, relèvent d'"accusations fallacieuses". L'eurodéputé y voit les "prémices d'une guerre totale" qui va être menée contre son parti au cours des semaines et des mois à venir, alors que se profile l'élection présidentielle de 2027. "Les tentatives de destabilisation de la campagne présidentielle vont nous cibler un à un", a-t-il prédit, réitérant son intention de mener la "bataille judiciaire" contre des propos qui n'ont "jamais été les [s]iens".
Outre sa plainte pour diffamation évoquée la veille, Jordan Bardella a annoncé qu'il souhaitait déposer plainte pour "faux et usages de faux". Avec le recul, il estime que "l'opération" menée contre lui a été "préparée depuis des mois", dans le scénario où il aurait été candidat à l'Élysée. "Soit Mediapart a mis en oeuvre une opération de barbouze, soit une opération de barbouze s'est montée à l'extérieur, et Mediapart s'est fait enfumer, aveuglé par la haine qu'il porte au RN", a-t-il développé.
Avant de juger que de nouvelles révélations risquaient fort de paraître au cours des heures ou des jours à venir. "Nous sommes confrontés à un feuilleton", a-t-il déclaré, alors que Mediapart a l'habitude de distiller la publication de ses révélations. Le média d'investigation a été particulièrement ciblé par le président du RN, qu'il a désigné comme un "journal d'extrême gauche", "composé de fanatiques".
"Nous ne laisserons pas donner de leçon de morale, de leçon de lutte contre l'antisémitisme, de la part d'un journal dont le fondateur s'est réjoui d'actes terroristes islamistes contre des athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich", a-t-il asséné, en référence à Edwy Plenel. Ce que le journaliste d'investigation a récusé.
La présidente des députés du Rassemblement national, Marine Le Pen, a pris la parole après Jordan Bardella et Éric Ciotti, son allié de l'Union des droites pour la République. Devant ses troupes, la candidate à l'élection présidentielle a réitéré sa "confiance absolue" à Jordan Bardella. "On va en prendre plein la poire. Le système et nos adversaires vont tout faire, y compris les trucs les plus dégueulasses, pour tenter d'entraver notre dynamique", a estimé Marine Le Pen.
La cheffe de file du groupe RN s'en est également prise à Mediapart, dénonçant les "grosses manipulations bien lourdes et bien crasseuses" du journal d'investigation. Leur "manipulation est légère comme un congrès de charcuterie", a-t-elle raillé, déplorant la "fascination que [les autres médias] semblent avoir pour ce média militant d'extrême gauche", qu'elle a accusé d'avoir soutenu les islamistes du Hamas au lendemain des attaques du 7-Octobre.
"Nous n'allons pas nous laisser faire. Non seulement nous allons contre-attaquer et saisir la justice, et nous allons démonter cette manipulation", a poursuivi Marine Le Pen. "Et nous saurons qui est derrière cette manipulation", a-t-elle assuré, saluant le "calme" et la "dignité" avec laquelle Jordan Bardella encaisse cette "attaque". Et de conclure par une mise en garde : Mediapart va devoir "enfiler son costard en Kevlar".
Edwige Diaz va diriger le groupe RN au Sénat
Jordan Bardella a annoncé, ce mardi, qu'Edwige Diaz allait prendre la tête du groupe du Rassemblement national au Sénat. La députée de la Gironde, qui a été élue au Palais du Luxembourg dimanche, va quitter l'Assemblée nationale pour rejoindre la Chambre haute. Le président du RN a salué la "campagne remarquable" menée par Edwige Diaz. Le groupe parlementaire du RN, le premier de l'histoire au Sénat, sera composé d'au moins 15 membres.