Le chef de l'État a jugé qu'une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale sept mois avant l'élection présidentielle de 2027 "bloquerait le prochain président" dans l'exercice du pouvoir. "Ce ne serait pas bon pour le pays", a-t-il expliqué, ce jeudi 24 septembre au soir, sur TF1 et France 2, tordant le coup à une rumeur qui circulait depuis quelques temps.
Emmanuel Macron a exclu toute nouvelle dissolution à quelques mois de l'élection présidentielle. Au cours de son interview co-diffusée, ce jeudi soi,r par TF1 et France 2, le chef d'État a jugé qu'un tel scénario "ne serait pas bon pour le pays". Selon lui, une telle décision pénaliserait le prochain président de la République qui devrait, dans ce cas, attendre un an avant de pouvoir réutiliser cet outil constitutionnel. "Ce n'est pas souhaitable", a dit Emmanuel Macron.
Une nouvelle dissolution ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d'achat et aux difficultés budgétaires, de "l'instabilité politique", a martelé Emmanuel Macron. Avant d'adresser un avertissement aux oppositions, en les appelant à la "responsabilité partagée", notamment à l'occasion de la construction du budget, qui s'annonce périlleuse. Selon lui, l'ensemble des forces politiques doivent aider le gouvernement à agir pour les Français, les agriculteurs et les communes, touchés par des incendies et une sécheresse record. "Tout ça, s'il n'y a pas de budget, on ne peut pas le faire."
Questionné sur l'opportunité de procéder à la dissolution de 2024 - celle qu'il a décidée - après les élections européennes, Emmanuel Macron a assumé un choix fait "en conscience", "après deux ans de majorité relative" et face à des partis "qui disaient haut et fort 'on fera tomber le gouvernement'". Il a appelé à arrêter de "faire culpabiliser les Français" face aux résultats des urnes, alors qu'aucune majorité, même relative, ne s'est dégagée du scrutin qui a suivi sa décision.
"Les forces politiques n'ont pas voulu faire une grande coalition totalement majoritaire", a-t-il regretté, citant l'exemple de certains pays européens dans cette situation. "Mais je ne suis pas les forces politiques du pays", a-t-il ajouté. Avant de noter qu'une coalition rassemblant le centre et la droite s'était toutefois dessinée.